Masculinité et féminité – Olivier Sautel

par La rédaction le 27 Mai, 2017

Chacun de nous est confronté, chaque jour, au fait de vivre et vivre ensemble en tant qu’hommes et femmes. Comme mari et épouse, au quotidien d’une relation faite d’apprentissage mutuel et d’étonnantes différences ; comme citoyen, au moment de s’exprimer sur une loi légitimant le mariage pour tous ; comme responsable d’entreprise, face à l’inégalité persistante des salaires entre hommes et femmes ; comme parents, au moment de savoir si habiller leur fille en rose s’apparente ou non à du « terrorisme culturel ».

Sur cette question difficile de l’identité sexuelle et des relations entre homme et femmes, source de grands débats idéologiques mais aussi de grandes souffrances intimes, la Bible nous aide à y voir clair. Elle trace, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, une vision cohérente de ce que Dieu a voulu pour l’homme et pour la femme.

Nous en tirerons ensuite trois principes fondateurs : – une égalité de substance et de dignité devant Dieu, – la présence d’une différenciation des genres et des rôles, et d’une autorité masculine, – l’importance de vivre pour Dieu et avec Dieu cette différence et cette complémentarité.

I. À l’écoute des textes : que nous dit la Bible ?

1. L’enseignement de la Genèse (ch. 1 à 4)

Le début de la Genèse nous décrit le monde et la situation de l’homme tels que Dieu les a pensés et voulus, puis la chute qui éloigne l’homme de cet idéal.

a. Homme et femme à la création

Le premier tableau de la création en Genèse 1 met l’accent sur l’essence commune de l’homme et de la femme. Au sein de l’enchaînement d’actes créateurs de Dieu, homme et femme sont associés dans la création singulière d’une créature « à l’image » de son créateur. Parce qu’être à l’image de Dieu est le fondement de la dignité de l’être humain et le trait fondamental de son identité, il est capital qu’homme et femme partagent cette caractéristique.

Communauté de substance ne signifie pas indifférenciation. Dieu crée l’homme à son image (au singulier, comme signe de la communauté parfaite), et il les crée mâle et femelle (au pluriel, comme signe de la présence distincte de deux genres). Cette affirmation conjointe de l’égalité de substance mais d’une distinction de personnes ne doit pas étonner, de la part d’un Dieu qui se révèle comme trinitaire, composé de trois personnes distinctes mais égales en essence.

Hommes et femmes sont également associés dans une mission commune pour Dieu : administrer et remplir la terre, en l’occurrence le jardin d’Éden. L’égalité se prolonge donc dans une même finalité pour leur vie : servir Dieu en tant que son représentant sur la terre, ayant autorité sur les animaux et étant responsable de l’administration de la création dont l’homme est le sommet.

Le second tableau de la création en Genèse 2 met lui l’accent sur le rapport interpersonnel entre homme et femme et sur l’existence d’un ordre créationnel. Il appuie d’abord le principe de différentiation. La création de l’homme et de la femme, présentée plus en détail dans le chapitre 2, n’est pas simultanée et les modalités de création diffèrent.

Parallèlement à cette différenciation, le texte révèle que Dieu a institué une organisation hiérarchisée au sein du couple. Le texte fournit en effet plusieurs indices d’un rôle d’autorité de l’homme vis-à-vis de la femme :

– L’homme est créé le premier ;

La femme est appelée à être une aide, qui renvoie à un rôle d’appui et non d’autorité, étant entendu que ce rôle n’a rien de dégradant, et ne suppose aucunement l’infériorité de celui qui l’assume ;

Adam nomme Ève. Le fait de donner un nom revêt un sens particulier dans la Bible, et est signe d’autorité, comme le montre les exemples de Dieu qui renomme certains des grands hommes de foi ;

Dans l’institution du mariage décrite en Genèse 2, l’homme a la responsabilité première de quitter ses parents pour fonder la nouvelle cellule ;

Enfin, c’est à l’homme que Dieu donne les commandements précis quant au jardin, lui conférant ainsi une responsabilité particulière.

 Mais cette autorité dessinée en Genèse 2 n’entre pas en tension avec le principe de l’égalité devant Dieu. L’homme ne joue aucun rôle personnel dans la création de la femme. C’est Dieu qui discerne le besoin d’une présence qui corresponde à l’homme, c’est Dieu qui crée la femme alors que l’homme est endormi et passif, et la femme est faite de la même substance que l’homme — sa côte.

Le texte met aussi en avant le principe de complémentarité entre homme et femme, que Dieu a voulu « vis-à-vis » pour dépasser la solitude. La joie tient aussi une place importante : les premiers mots de l’homme qui sont rapportés dans la Bible sont un poème d’amour à la femme, dans lequel transparaît la joie d’avoir trouvé son vis-à-vis (« Cette fois » !). La conséquence de cette complémentarité est la fécondité de cette union, sur le plan biologique comme sur le plan social.

b. Homme et femme face à la chute

Les partisans d’une approche « chrétienne » de l’abolition de tout ordre entre homme et femme interprètent la chute comme le moment fondateur de l’autorité masculine. Celle-ci serait une conséquence punitive de la chute initiée par la femme ; l’autorité masculine cesserait donc d’avoir une raison d’être à partir du moment où homme et femme sont au bénéfice du salut en Christ, qui abolit les conséquences de la chute. Une telle approche n’est pas confirmée par le texte.

Il semble clair que la faute elle-même est commune à l’homme et à la femme. Dieu accuse tour à tour l’homme (Gen 3.9) et la femme (Gen 3.13) de ce qu’ils ont fait. Tous les deux vont avoir à subir les conséquences de la chute. Les conséquences les plus terribles sont d’ailleurs communes : homme et femme sont ensemble chassés du jardin et soumis à la mort (Gen 3.22-24), même s’ils continuent à porter — de manière dégradée — l’image de Dieu. La chute ne crée donc pas, en tant que telle, d’ordre nouveau, ou de différence entre homme et femme. Au contraire, l’ordre préexistant à la chute est confirmé en creux dans le prononcé de la responsabilité de la chute.

D’une part, la responsabilité première est imputée à Adam : c’est à lui que Dieu demande d’abord des explications sur ce qui vient de se passer. Adam, qui avait reçu les consignes de la part de Dieu, et portait un rôle de responsabilité première dans la conduite du premier couple, est rappelé par Dieu à sa charge. D’autre part, Dieu reproche à Adam non seulement d’avoir mangé du fruit (comme à Ève), mais également d’avoir écouté et d’avoir été séduit. En ce sens, on peut voir aussi dans la faillite de la chute (parmi d’autres dimensions) une faillite de l’autorité masculine au sein du couple. La femme est ici première dans la (mauvaise) direction prise, et Dieu reproche à Adam de n’avoir pas tenu son rôle.

Le fait que la chute conforte l’existence d’un ordre créationnel ne veut pas dire que rien ne change. La chute va profondément corrompre le vécu de la relation. Dieu prévient que les relations entre homme et femme vont désormais être plus dures, plus complexes, moins heureuses. L’homme tendra désormais à vouloir dominer plutôt qu’à exercer une autorité bienveillante, la femme aura le désir de prendre la place de l’homme, et tous les deux ne pourront plus vivre leur différentiation dans l’innocence du début, lorsqu’ils allaient nus sans honte.

2. L’enseignement des Épîtres : confirmation et restauration de l’ordre créationnel

Les Épîtres confirment les principes d’égalité devant Dieu, de la différenciation, et de l’autorité masculine dans la relation interpersonnelle en prenant souvent appui sur l’ordre créationnel.

L’égalité devant Dieu de l’homme et de la femme est plusieurs fois rappelée. Le passage le plus net est celui d’1 Cor 7, dans lequel Paul rappelle à la fois l’interdépendance de l’homme et de la femme et la dépendance commune à un même Dieu créateur (cf. en particulier 1 Cor 7.3-4). Cette communauté de substance et de rapport à Dieu est également évidente dans le salut : homme et femme sont unis dans un même salut comme ils avaient été unis dans la chute, Dieu ne faisant aucune différence de race, de genre ou de nation au moment d’offrir à chacun le salut en Jésus-Christ (Gal 3.22).

Les Épîtres rappellent aussi l’importance de la différenciation sexuelle. Le premier chapitre de l’Épître aux Romains condamne sans ambiguïté l’homosexualité qui revient à aller contre l’altérité sexuelle voulue à la création. Dans son développement relatif au port du voile à Corinthe, Paul pose comme principe l’importance de la différenciation homme-femme, en appelant à considérer les différences naturelles entre hommes et femmes comme signe d’une différenciation des genres et des rôles (1 Cor 11.6,14).

Le rôle d’autorité de l’homme dans la relation interpersonnelle est développé à plusieurs reprises. C’est le cas dans le cadre de l’Église (en 1 Cor 11 et 1 Tim 2) comme au sein du couple (Éph 5). Le rôle d’autorité est attesté par le terme de « tête » assigné à l’homme (1 Cor 11.5), qui signifie une position d’autorité.

Cet enseignement s’appuie à la fois sur le rappel d’arguments déjà présents dans la Genèse et sur des révélations nouvelles. C’est ainsi que Paul inscrit explicitement le rôle d’autorité de l’homme dans la chaîne d’autorité qui relie le Père au Fils, puis le Fils aux hommes (1 Cor 11.3 ; Éph 5.23). Ce parallèle est capital : il prouve d’une part que l’autorité n’est pas un état de fait regrettable dû à la chute, puisqu’il est mis sur le même plan que la relation d‘autorité au sein de la trinité. Il empêche d’autre part d’interpréter l’autorité comme provenant d’un différentiel de nature ou de compétence, puisque Jésus a toujours conservé sa nature divine et partagé tous les attributs divins.

En plus de conforter le cadre créationnel, les Épîtres évoquent souvent l’importance de restaurer l’harmonie entre homme et femme détruite par la chute. Plusieurs passages constituent des exhortations à vaincre les conséquences du péché, en vivant une relation homme-femme (et plus généralement humain-humain) sous l’angle du service mutuel et de l’amour. Paul exhorte ainsi les maris à aimer leur femme à trois reprises au sein du même chapitre (Éph 5.25,28,33), rappelle qu’homme et femme ont chacun autorité sur le corps de l’autre (1 Cor 7.4), ou encore appelle à la fidélité réciproque. Surtout, les relations entre hommes et femmes s’inscrivent dans le champ plus large des relations fraternelles, dans lesquelles nous sommes appelés par l’Esprit à cultiver l’humilité (Phil 2.5), le pardon, la bienveillance, ou encore le fait de ne pas faire prévaloir ses droits (voir par exemple 1 Cor 13 ; Col 3.12-13).

II. Une tentative de synthèse : trois grands principes bibliques du rapport entre homme et femme

1. Hommes et femmes sont distincts mais égaux en dignité et en substance

Aucun esprit de supériorité lié au genre n’est acceptable : nous sommes chacun dépendants de Dieu, et à son image. Il nous faut veiller à éviter notamment toute sous-estimation et sous-utilisation des compétences du genre féminin. C’est une mission commune que Dieu nous a confiée, et l’homme était démuni pour la remplir avant que Dieu ne lui donne l’aide qui lui corresponde.

Aucune compromission ne doit être faite avec des discours dégradant l’image de la femme, qui portent indirectement atteinte à l’image de Dieu.

Le principe de différenciation doit nous amener à refuser toute vision qui tendrait à nier la réalité d’une distinction homme-femme, ou le bienfait de leur complémentarité. La Bible va ainsi clairement contre les théories considérant que l’identité masculine ou féminine n’est qu’une construction, chacun déterminant son genre comme il l’entend, par son libre arbitre, et sans être contraint par son sexe biologique. Le message biblique de la différenciation explique aussi le fait que l’homosexualité est clairement un péché contraire à la vision de Dieu pour l’homme et la femme (et ce sans oublier que tous les péchés doivent nous être en horreur, et qu’aucun pécheur ne cesse d’avoir notre amour). Le message biblique est également en décalage avec une conception dans laquelle la différence homme-femme est reconnue, mais qui nierait la nécessité et l’intérêt de la complémentarité et de la vie ensemble. La Bible, elle, rappelle qu’homme et femme ne sont pas faits pour vivre seuls, en autonomie. Dieu a prévu comme modèle général la vie de l’homme et de la femme en couple, en vue notamment de l’enfantement, au sein d’une cellule familiale où chacun cherche prioritairement le bien de l’autre et pas uniquement son épanouissement personnel.

2. L’autorité masculine est voulue par Dieu pour organiser les relations mutuelles et contribuer à la réussite de l’ensemble

L’homme est appelé à diriger pour Dieu, la femme à aider pour Dieu. Dieu a voulu la présence d’une autorité masculine au sein d’un partenariat d’êtres égaux en dignité et chargés d’une mission commune. Pour vivre sereinement ce principe, il est essentiel de définir correctement l’autorité.

L’autorité selon la Bible est une charge, synonyme de service et de responsabilité. Concrètement, l’autorité semble renvoyer notamment à la responsabilité de trancher les débats importants, de veiller particulièrement à l’orientation du couple ou de l’église vers les objectifs fixés par Dieu (la vision), et de protéger la cellule des attaques de l’extérieur. Ces rôles sont à assumer prioritairement par l’homme, en vue du bien de l’ensemble, et ne peuvent l’être que si chacun, homme et femme, demeure dans la dépendance de Dieu.

L’autorité selon la Bible n’est pas la conséquence d’une supériorité de compétence, comme c’est souvent le cas dans les rapports humains sans Dieu. La meilleure preuve est la position de Jésus qui accepte une position d’obéissance à nature égale avec le Père. L’autorité n’est pas non plus la domination, qui est une perversion de la notion d’autorité, et qui infeste les rapports entre homme et femme depuis la chute. L’autorité n’est pas non plus la privation d’autonomie de la femme. D’une part, l’autorité masculine n’est pas mentionnée comme étant nécessaire dans tous les cercles. La Bible en parle dans le couple et dans l’église, mais ne dit rien des rapports entre hommes et femmes dans d’autres cercles. D’autre part, dans les contextes où l’homme a un rôle d’autorité, le partage et la délégation de l’autorité sont évidemment possibles et souhaitables sur un grand nombre de point.

3. Les relations entre hommes et femmes sont à vivre pour Dieu et avec Dieu

Un troisième principe, transversal aux deux premiers, est que les relations entre hommes et femmes sont à vivre pour Dieu et avec Dieu.

Pour Dieu, parce que tout doit être pensé avec cette conviction qu’homme et femme ont une mission commune, qui est d’honorer Dieu sur la terre. La femme n’est pas l’objet de l’homme, mais son aide : l’homme doit donc regarder cette aide dans la perspective du service commun que le couple doit fournir pour Dieu. Cela devrait prévenir toute volonté d’utilisation capricieuse et égoïste de la femme par l’homme au nom de son autorité. Cela donne aussi au couple un horizon et une raison d’être, qui renforcent la relation mutuelle et fournissent l’occasion de moments de partage et de progrès mutuels.

Avec Dieu, parce que tenir ce cap implique de le vivre avec Dieu. Cette exigence a d’abord une motivation positive, offensive. Dieu sait ce qui est bon pour nous. Dieu a pensé cette relation homme-femme, a voulu la complémentarité et l’autorité, pour notre bien. Lorsque nous nous conformons à ce modèle divin, Dieu peut le plus « naturellement » bénir et aider à travers les structures qu’il a instituées. En vivant nos couples avec Dieu, nous tendons à le renforcer et à « l’optimiser ».

Mais vivre ces relations homme-femme avec Dieu a aussi une motivation que l’on pourrait qualifier de « défensive ». Depuis la chute, et malgré notre restauration partielle par notre nouvelle naissance, nous ne savons pas naturellement vivre notre couple dans l’harmonie et l’amour auxquels Dieu nous appelle. Le péché continue à corrompre le vécu de l’ordre voulu par Dieu, à travers l’égoïsme, la rancune, la tentation, l’incompréhension… Dieu peut concrètement nous aider à chaque étape importante, à chaque crise, à chaque progrès que nous avons à réaliser, pour mieux comprendre et mieux aimer notre conjoint, mieux s’aimer et se respecter entre frères et sœurs.

Ainsi, en couple comme en église et entre frères et sœurs, il est capital de penser que nos relations entre hommes et femmes doivent toujours être inscrites dans le projet que Dieu a pour nous, hommes et femmes, unis dans les partenariats que sont le couple et l’église, en vue de l’honorer, tout en profitant des bénédictions qui y sont associées. « Et par-dessus tout, aimez-vous. L’amour est le lien de la perfection. » (Col 3.14)

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Auteur: La rédaction

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