Soins pastoraux – Jean Pierre Fuzier

par La rédaction le 20 Nov, 2020

Christ, « étant monté en haut, a emmené captive la captivité et a donné des dons aux hommes… Et lui, a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs » (Éph. 4:8-11).

Les dons de pasteur et docteur sont clairement liés. Si le ministère du docteur a pour objet la doctrine, c’est-à-dire la révélation de Christ contenue dans la parole de la vérité, celui du pasteur consiste davantage à faire l’application de la vérité pour le bien de l’ensemble du troupeau et de chaque brebis en particulier.

L’exercice du service pastoral suppose donc que le pasteur est fondé dans la foi, dans la saine doctrine, c’est-à-dire qu’il connaît de près le Souverain Pasteur. Comment, en effet, présenter aux brebis Christ et son amour, si on n’a pas d’abord goûté que « le Seigneur est bon » ?

 

2.1 - Les pasteurs dans l’assemblée

Il ne leur appartient pas de constituer un troupeau : le troupeau est celui de Dieu, ils en font eux-mêmes partie. Pierre leur dit : « Paissez le troupeau de Dieu qui est avec vous… étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:2-4).(*)

 

(*) Cette exhortation adressée aux « anciens qui sont parmi vous », de même que celle de Paul aux anciens d’Éphèse (Act. 20:28), montre clairement le caractère pastoral du service des anciens. Celui-ci se limite à l’assemblée locale, alors que les dons sont pour tout le corps.

 

Le caractère et le rôle des pasteurs a été défini par le Seigneur Jésus, lors de la restauration de Simon Pierre (Jean 21:15-17), lorsqu’il lui dit : « Pais mes agneaux », « Sois berger de mes brebis », « Pais mes brebis ».

Le service pastoral a pour fondement l’amour pour le Maître ; et c’est le caractère essentiel de tout serviteur de Dieu (Ex. 21:5). Le pasteur pourra alors accomplir ses deux tâches principales : paître les brebis, c’est-à-dire les nourrir ; être leur berger, c’est-à-dire les conduire, les soigner et les protéger.

Le troupeau comporte des agneaux — si chers pour le Seigneur qu’il les mentionne en premier — et des brebis. Ils sont distincts les uns des autres, mais ils constituent ensemble un seul troupeau, de sorte qu’il n’y a pas un pasteur pour les agneaux et un autre pour les brebis. Le dessein de l’ennemi est de diviser le troupeau, d’établir des catégories, de séparer « les hommes faits et les petits enfants » (Ex. 10:10, 11). La pensée de Dieu est de rassembler les siens « comme un seul homme » (Néh. 8:1-3), autour de Christ.

 

2.2 - Le service du pasteur (Éz. 34:15, 16)

Ce passage d’Ézéchiel présente six caractères de l’activité du pasteur : Il paît les brebis ; il les fait reposer ; il cherche la perdue ; il ramène l’égarée ; il bande la blessée ; il fortifie la malade.

Les deux premières tâches s’appliquent aux soins donnés au troupeau dans son ensemble. Le ministère de la Parole dans l’assemblée revêt ainsi le double aspect de l’enseignement (par les docteurs), et des soins pastoraux. Si ce ministère fait l’objet des prières de tous les saints d’une assemblée locale, il y aura dans cette assemblée de la nourriture pour tous. Dieu est prêt à donner le rafraîchissement dont son peuple a besoin, — encore faut-il que ce peuple désire la bénédiction et la demande. Si nous estimons que nous n’avons pas, n’est-ce pas bien souvent parce que nous ne demandons pas (Jacq. 4:2) ?

Le berger veille à ce que les brebis soient nourries et désaltérées. Pour que la nourriture leur soit profitable, les brebis doivent pouvoir la ruminer en paix. De la même manière, il ne suffit pas d’entendre la parole de Dieu, il faut encore la méditer, la repasser dans le cœur, pour qu’elle en soit l’allégresse et la joie. Le berger donne alors du repos (Ps. 23:2) ; et le service pastoral dans l’assemblée consiste à présenter aux saints la personne de Christ, car c’est auprès de lui qu’ils trouveront le repos de leurs âmes (Matt. 11:29).

Les quatre autres tâches du berger sont des soins individuels.

« La perdue je la chercherai, et l’égarée je la ramènerai ». Une brebis est perdue ou égarée lorsqu’elle est loin de Christ ou s’écarte de lui.

Dans la parabole de Luc 15, la brebis perdue que cherche et trouve le berger représente le pécheur qui se repent. La parabole insiste sur la persévérance avec laquelle le berger cherche sa brebis, et sur sa joie lorsqu’il l’a trouvée. Cette brebis appartient à Christ, mais n’a pas compris qu’il tient à elle. Il y a des croyants qui ne possèdent pas la certitude ni la joie de leur salut ; le service du pasteur, dans ce cas, consiste à leur présenter patiemment l’amour de Christ qui a tout fait pour eux, afin que la crainte soit chassée de leur cœur.

L’égarée a suivi son propre chemin. Peut-être a-t-elle écouté des voix étrangères, prêté l’oreille à un évangile différent qui n’en est pas un autre (Gal. 1:6). Ou bien elle a aimé le présent siècle (2 Tim. 4:10)…

Ne peut-on penser aussi que même lorsque l’assemblée a dû se séparer d’une personne en chute, le service du pasteur peut le conduire à aller vers la brebis égarée pour la ramener ?

Dans tous les cas, il convient de ramener la brebis au berger et au surveillant de nos âmes (1 Pierre 2:21-25). Comment est-ce possible ? Aucun reproche, aucune condamnation, aucun précepte moral ne peut ramener la brebis égarée ; toutes ces choses ne seraient pour elle que comme des bâtons, qui la feraient fuir plus loin encore. La réponse est dans le passage que nous venons de citer : il s’agit de lui montrer Christ qui a souffert pour nous, nous laissant un modèle afin que nous suivions ses traces. Les soins pastoraux, comme toutes les autres activités du ministère, consistent à apporter Christ, sa grâce, son amour, et à s’effacer derrière lui. C’est dans un tel esprit qu’Élihu s’adressait à Job : « Voici, je suis comme toi quant à Dieu, je suis fait d’argile, moi aussi. Voici, ma terreur ne te troublera pas, et mon poids ne t’accablera pas », « Dieu parle… » (Job 33:6, 7, 14).

Enfin, deux autres circonstances requièrent l’exercice de soins pastoraux particuliers de la part de ceux que le Seigneur a donnés pour paître son troupeau.

Une brebis peut se blesser si le chemin est rocailleux et difficile. Le berger attentif ne va pas tarder à s’apercevoir qu’elle boite ou marche avec peine ; il va alors intervenir. Nous avons ici une figure d’un mal dont l’origine est extérieure à la brebis. Par quoi a-t-elle été blessée en chemin ? Une parole dite légèrement peut blesser comme une épée (Prov. 12:18) ; qu’il est facile aussi de blesser une conscience faible (1 Cor. 8:12) ! et bien d’autres circonstances peuvent meurtrir le cœur.

Le pasteur doit alors chercher la blessure — peut-être lui sera-t-elle d’abord cachée (2 Rois 4:27), car il doit se souvenir que la sagesse vient de Dieu — avant de pouvoir la soigner et appliquer le baume ou le pansement nécessaires.

Il en est de même dans le cas de la malade. Le mal, ici, est intérieur. Il peut être moral, ou provenir d’une intoxication par de fausses doctrines, d’un « poison cruel d’aspic » (Deut. 32:33). Le pasteur doit, là aussi, s’approcher de la brebis pour déceler son mal ; il a besoin de sagesse pour donner les soins convenables, de patience pour s’occuper d’elle jusqu’à sa guérison.

Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’appliquer de l’huile et du vin, ou un emplâtre de figues (Luc 10:34 ; 2 Rois 20:7), la guérison est toujours en Christ présenté au cœur par la Parole et l’Esprit Saint.

 

2.3 - Brebis grasses et fortes

La fin du verset 16 d’Ézéchiel 34 présente un saisissant contraste avec ce que nous venons de voir. Il y a dans le troupeau des brebis qui lui nuisent ; ce sont les « brebis grasses et fortes », celles qui se sont nourries aux dépens des autres. Ne pouvons-nous les assimiler aux « gens » qui déjà troublaient les assemblées de la Galatie et voulaient pervertir l’évangile du Christ (1:7, 8) ?

Que recherchent de telles gens, sinon des honneurs, une certaine gloire terrestre ? — et ceci en essayant d’adapter l’évangile selon leur imagination, en annonçant des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux (Act. 20:30). L’apôtre ne demandait pas aux anciens d’intervenir directement contre de telles gens : nous pouvons donc bien penser que les pasteurs n’ont d’autre conduite à tenir que de veiller et de tenir ferme la parole de Christ, laissant au Souverain Pasteur le soin de délivrer son troupeau. Car qui a le droit de détruire celui qui corrompt le temple de Dieu, sinon Dieu lui-même (1 Cor. 3:17) ?

Il est un autre cas où les soins pastoraux doivent s’arrêter, en présence du gouvernement de Dieu : c’est celui d’une brebis malade « à la mort » (1 Jean 5:16) ; aucun frère, aucun « don » n’oserait alors intervenir.

 

2.4 - Conclusion

Ces différentes figures concernent certainement l’état moral et spirituel des brebis, sans qu’il soit possible d’en faire des applications exclusives ou limitatives.

Servir le Seigneur ne consiste pas à appliquer les articles d’un code, mais à agir suivant ses directions, avec prière, dans l’humilité et l’amour, et dans l’intelligence donnée par le Saint Esprit.

Les soins pastoraux s’étendent à tous ceux qui font partie du « troupeau de Dieu » ; demandons au Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ que ceux que Christ a donnés pour ce service l’accomplissent « comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui est la gloire et la puissance, aux siècles des siècles » (1 Pierre 4:11).

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Auteur: La rédaction

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