L’appel et la provision de Dieu – Cédric Fruhinsholz

par La rédaction le 11 Juil, 2020

Le Psaume 92 est un psaume de louange qui élève le Seigneur et qui nous parle entre autres de la justice, de la fidélité et de la provision de Dieu. Ça a déjà dû nous arriver à tous, de regarder le le champ d’à côté, s’imaginant que l’herbe y est plus verte, et bien souvent à tort. Nous comparons parfois des situations, des problèmes, même sans s’en rendre compte. Et il arrive même de ressentir un sentiment d’injustice ou de frustration dans des moments où nous estimerions mériter mieux. Cela peut venir du fait que nous ne trouvons pas notre place, que nous ne savons exactement où nous en sommes et où nous allons. A partir de ce Psaume, agrémenté de nombreux autres passages de la Bible, nous allons parler de l’appel personnel de Dieu pour chacun de nous, de notre attitude face à cela, et de la provision du Seigneur envers tous ses enfants.

 

Des choix à répétition

Voici une phrase que l’on peut s’entendre dire, ou bien autour de nous, que la vie n’est pas facile parfois, même avec le Seigneur. D’autre part, nous voyons des personnes gâcher la leur dans l’injustice et pourtant prospérer financièrement, socialement, politiquement, etc. Ça peut facilement créer des combats dans nos pensées, des sentiments de jalousie (conscients ou non), et c’est le genre de choses qui impacte en profondeur et influence nos réactions si l’on n’y prend pas garde. Nous sommes des êtres d’émotions, de ressentis, et ces ressentis, à force de les faire tourner dans nos têtes et de les ressasser, peuvent rapidement se transformer en ressentiment, en amertume, en colère. Je ne parle pas ici d’une sainte colère qui vient du Seigneur, mais d’une colère destructrice, un foyer qui a le pouvoir d’enflammer tout autour. Nous lisons dans Genèse 4,7 un avertissement très sérieux que Dieu a donné à Caïn et qu’il nous est bon aussi d’entendre :

« Si tu fais le bien, ne seras-tu pas agréé (= élevé) ? Et si tu ne fais pas le bien, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi, mais toi, domine (= prends autorité) sur lui. » (Genèse 4,7)

Regardons ce verset un instant : il y a un choix dans toutes les situations. Faire le bien ou ne pas le faire. C’est un choix volontaire, conscient et qui entraîne des conséquences, bonnes ou mauvaises. Toute opposition conduit à ces deux options. C’est une lutte constante dans la vie de tous les jours, et que nous aimions ou non décider, il faut le faire car il n’y a pas d’entre-deux. La justice est un sujet qui nous touche énormément, et le sentiment d’injustice se promène toujours autour de notre tête, comme un oiseau de proie. Beaucoup de nos réactions sont entraînées par ce sentiment. L’injustice conduit à la colère et la colère peut conduire jusqu’au meurtre. Ça peut ne passer que par les mots, mais ça peut aussi se manifester par les actes. Mais quelle que soit la manière dont elle s’exprime, les conséquences peuvent être graves, pour ceux qui nous entourent comme pour nous-mêmes. Donc il y a un réel danger à se laisser aller à de tels sentiments.

Dans cet épisode de la Genèse, Caïn a trouvé injuste l’approbation de Dieu envers son frère alors que son offrande ne trouvait pas grâce à ses yeux. Et là Dieu le met devant un choix, ce qui signifie qu’il aurait pu se remettre en question : son amour pour Dieu et son désir de l’honorer par tous les moyens auraient été reçus favorablement par Dieu qui l’aurait élevé, béni, comme promis. Cette remise en question aurait été pour lui l’occasion de grandir dans son caractère, de progresser spirituellement, de se rapprocher de Dieu, ce qui résume finalement la marche avec le Seigneur. En effet, il n’y a pas d’échec dans l’apprentissage avec le Seigneur, mais plutôt une recherche constante de sa présence pour avancer avec lui. Ou bien, il pouvait conforter son sentiment de rejet et d’injustice, ce qu’il a fait. Il semble évident que son idée de la justice n’était pas fondée sur les critères de Dieu tels que sa sainteté, sa droiture, son équité, mais plutôt sur les siens et sa propre conception de la justice, qui est donc par définition, injuste. En effet notre justice humaine est loin d’être immuable, mais change au contraire d’un individu à un autre, au gré des circonstances.

Alors qu’à fait Caïn ? Par son endurcissement, il a nourri le péché, calmement posté à la porte de son cœur comme un animal attendant qu’on s’attarde sur lui. Il faut savoir qu’on ne peut pas empêcher l’ennemi d’être tapis à côté de nous, en tout cas pas pour longtemps, car il rôde. Mais la bonne nouvelle, c’est que Dieu nous donne l’ordre de dominer sur lui ! Vous me direz peut-être, « en quoi est-ce une bonne nouvelle ? » C’est une bonne nouvelle parce que s’il nous l’ordonne, c’est qu’il nous en donne l’autorité ! Nous devons, mais surtout nous pouvons le soumettre !

Nous lisons dans la Bible que l’ennemi nous affronte de deux manières. Tantôt « votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera (= engloutira) » (1 Pierre 5,8), ce qui n’est pas très discret, mais néanmoins dangereux ; tantôt il est calmement attentif, imperceptible, nous donnant l’illusion qu’il n’est pas là, qu’on ne craint rien, mais sentant le trouble dans notre être et prêt à bondir, comme pour Caïn. La solution est dans le choix que Dieu nous soumet, faire le bien ou ne pas le faire. Il nous faut donc alors dominer cet ennemi, le péché, en lui résistant comme on le lit dans Jacques : 

« Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » (Jacques 4,7)

Notons qu’on ne peut le dominer qu’en se soumettant à Dieu, et donc en choisissant de faire le bien. Se soumettre à Dieu, c’est se laisser couvrir par son manteau de justice, sa justice, le sang de Jésus. Sans cette couverture, pas d’autorité, donc pas de victoire sur le péché. C’est uniquement là, en Christ et par Christ, que nous pourrons résister et faire fuir le diable. Jésus a déjà vaincu l’ennemi de nos âmes, il a déjà détruit la malédiction du péché et de la mort, et crucifié la chair à la croix. A nous de le saisir par la foi.

Pour en revenir au Psaume 92, il est question d’une rétribution, pour les justes comme les injustes (v.7, 13-14). L’illusion de la prospérité dans le monde n’est rien pour Dieu, car il connaît les cœurs. Et il est dit que l’Eternel est juste (v.15). Cela vaut pour ceux qui font le bien, comme pour ceux qui font le mal. Dieu est juste. C’est ce qu’il faut méditer lorsque le sentiment d’injustice vient nous susurrer des mensonges aux oreilles et que la jalousie se fait une place dans nos pensées. Rappelons-nous que la fidélité de Dieu ne faillira jamais. Il nous faut réfléchir à nos choix en gardant les yeux fixés sur le Seigneur et notre rétribution éternelle, dans la confiance, car notre Dieu est le Seigneur du Temps, de l’Histoire, et parfois, il est vrai, l’accomplissement de la promesse est plus longue que ce nous aurions voulu (Habacuc 2,3). Il nous faut croire en lui et surtout, lui abandonner ces émotions difficiles et notre désir impérieux de vouloir que justice soit rendue à l’instant, car elle lui appartient et à lui seul.

 

L’engagement de la foi : l’envoi et la provision

Dans ce Psaume, nous lisons encore que les méchants croissent et fleurissent (v.7), en d’autres termes qu’ils évoluent dans la société, plutôt vers le haut et qu’ils prospèrent. Mais est-ce que nous aussi, chrétiens, allons prospérer ? Nous avons parfois l’impression de ramer pour réussir des choses que d’autres obtiennent d’une facilité déconcertante, en tout cas à nos yeux, parce que comme souvent, nous avons plus de facilité à voir les choses qui ne vont pas que celles qui vont, même les petits miracles du quotidien. Lisons ce passage très connu :

« Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu… » (Romains 8,28)

C’est une vérité fondamentale de la vie chrétienne. Toutefois, il n’est pas écrit que toutes choses concourent au bien de ceux qui « croient en Dieu » ou qui « croient qu’il y a un Dieu ». A la lumière de ce que nous allons voir, la définition du chrétien est plus exigeante. C’est facile de croire en Dieu, son existence, même en sa puissance, comme c’est le cas de beaucoup de gens. Seulement nous devons réaliser que même les démons le croient (Jacques 2,19) ! Et c’est pour cela qu’ils tremblent. Mais c’est autre chose d’« aimer Dieu ». Par exemple, quand Dieu aime, il s’engage. C’est très bien exprimé dans Jean 3,16 :

« Car Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne meure pas, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Dieu a aimé et il s’est engagé pleinement jusqu’à donner son propre fils. Les termes bibliques « aimer » et « haïr » sont des termes légaux qui marquent un engagement, ou au contraire l’absence d’engagement. Ce sont des termes d’alliance que l’on retrouve dans d’autres textes officiels du Proche-Orient Ancien et qui n’ont rien à voir avec les émotions humaines de l’amour ou la haine, telles que nous les définissons aujourd’hui dans le langage courant. Nous sommes dans un cadre d’alliance. Donc lorsque l’apôtre Paul écrit cette promesse que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », il est question de ceux qui font alliance avec Dieu, qui s’engagent avec et pour lui.

Prenons une minute pour définir ce qu’est l’engagement chrétien. Tout d’abord, Dieu fait alliance avec nous au travers du sang de Jésus, et rien ni personne d’autre. C’est son sang qui est le symbole et le vecteur de l’alliance. Dieu nous a aimé le premier, et c’est à nous de l’aimer en retour, en recevant le sang de Jésus comme un manteau sur nos vies et en nous engageant pour lui. Nous nous engageons quand nous décidons de nous offrir à lui dans l’obéissance. Nous voyant dans cette position d’obéissance, Dieu nous envoie, et avec l’envoi, il y a la provision, de la même manière qu’avec l’ordre, il y a l’autorité. Une chose est sûre : Dieu veut nous envoyer, selon ce qu’il a dit au prophète Esaïe 6,8 : 

« J'entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? »      (Esaïe 6,8)

Et quand Dieu envoie, il pourvoit. Pour que toutes choses concourent à notre bien, il nous faut donc premièrement « aimer » Dieu, être prêt à partir pour lui, le laisser diriger, en d’autres termes, « offrir nos corps comme un sacrifice vivant » (Romains 12,1). 

Cet appel du Seigneur à marcher pour lui signifie aussi qu’il a quelque chose de prévu pour nous. L’apôtre Paul nous le révèle dans son épitre aux Romains 8,30 :

« Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés. »

Il nous a prédestinés puis appelés, cela veut dire qu’il a prévu une destinée pour nous, qu’il a fixé des choses précises pour chacun de nous. Il a un plan personnel dans lequel il nous conduit et qu’il est bon pour nous d’accomplir, pour sa gloire, et qui va nous emmener dans des lieux, des villes, des groupes de personnes, pour pouvoir bénir, donner et recevoir, être des témoins du Seigneur. C’est très important de comprendre cela. Je le répète, l’Eternel Dieu a un plan particulier pour chacun de nous, sans en oublier aucun !

Maintenant, si nous choisissons d’aimer Dieu, donc si nous nous engageons avec lui, alors nous devons être prêts à partir par obéissance, être prêt à se rendre dans le lieu où le Seigneur nous appelle, quelles que soient les difficultés qui peuvent apparaître ou que l’on peut s’imaginer (car l’imaginaire est aussi un frein de taille !). Nous avons tout intérêt à y aller. Et pourquoi cela ? Parce que nous rentrons dans le cadre de cette promesse de Romains 8,28. La suite de ce verset est importante et confirme ce que nous venons de dire : « toutes choses concourent au bien […] de ceux qui sont appelés selon son dessein ». Paul nous parle d’appel et de destinée, le dessein de Dieu.

Une bonne définition de l’engagement dans la foi se trouve dans la réponse d’Israël en Exode 24,7 : « nous le ferons, et nous écouterons (=obéirons) ». Remarquez l’ordre des verbes : Israël s’engage à « faire » avant de savoir dans quoi il s’engage ! C’est une condition du cœur, d’être prêt à suivre l’appel de Dieu avant même qu’il le donne. Et même lorsque Dieu envoie sa Parole, nous ne savons pas forcément où ça va nous mener, mais nous nous mettons en mouvement. Martin Luther King Jr l’a très bien exprimé en disant ceci : « [l’engagement de] la foi, c’est monter la première marche quand on ne voit pas tout l’escalier ». En termes un peu plus bibliques, c’est de dire à Dieu comme Abraham, Jacob, Samuel et plus particulièrement Esaïe (6,8) : « Me voici, envoie-moi ». Notre réponse ne doit pas dépendre de l’appel, sinon je crains que beaucoup ne se lèvent pas, ou fassent comme Jonas et partent à l’opposé. Nous sommes les serviteurs de Dieu, mais plus encore, nous sommes ses amis :

« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. » (Jean 15,15)

Jésus nous partage ses projets, ce qu’il a appris du Père. Et nous savons que s’il nous envoie, c’est donc que nous en sommes capables, mais capables seulement par lui et par sa force et son autorité. Il nous rend capable de faire ce qu’il nous commande de faire. Ce n’est pas une possibilité, c’est une assurance. Car il nous envoie et nous avons l’espérance de la victoire, quelles que soient les difficultés ou les oppositions. Même les échecs ou les retards ne sont pas une fatalité, pas avec Dieu. J’en ai parlé plus tôt, mais je voudrais le redire ici, c’est que l’accomplissement des choses de Dieu prend parfois du temps. Et œuvrer pour Dieu c’est accepter qu’il a un projet plus grand que juste nous et nos besoins immédiats. Comprenez-moi bien, il est fidèle et juste pour s’occuper de chacune de ces choses. Nous devons le croire, le proclamer, et en témoigner pour lui rendre gloire. Mais son appel et ses desseins nous incluent dans une œuvre plus grande, celle de la Rédemption de la Création, selon ce que nous dit Paul en Romains 8,22-23 :

« Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. »

Un jour toute justice sera manifestée et tout aura été soumis à Dieu, même la mort (1 Corinthiens 15). Et nous sommes des ouvriers dans ce grand projet, il faut garder cela en tête. Ce que nous faisons aujourd’hui est le ferment et le socle de ce que ferons les suivants, et ainsi de suite jusqu’à l’avènement du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Nous travaillons ensemble et ne devons pas oublier que le Seigneur met en œuvre l’infiniment grand, tout en s’occupant de l’infiniment petit de nos vies.

Il est aussi question d’un livre dans le ciel, qui appartient au Seigneur et où il parle de nous ! L’Eternel y a écrit ses projets pour nous, selon le Psaumes 139,16 :

« Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existe. »

Dans ce livre, pour chaque homme et femme, Dieu ouvre un nouveau chapitre, et alors que nous ne sommes que des embryons, des « masses informes », il écrit déjà dedans tout ce qu’il a prévu pour nous, car il a prédestiné des choses qu’il nous appelle à accomplir d’une part pour sa gloire, et d’autre part aussi pour notre bonheur. Rentrer dans les plans du Seigneur est une bénédiction pour nous et pour notre famille. Mais rendons-nous compte de la puissance de ce verset. C’est que chaque être humain est inscrit dans le projet de Dieu. Chaque être humain est prédestiné dans son œuvre. Chaque membre de nos familles, chacun de nos enfants, de nos amis peut avoir une place au service du Seigneur. Et à chacun aussi appartient la responsabilité d’y répondre et de le suivre. Mais c’est tout de même incroyable de réaliser quelle importance nous avons aux yeux de l’Eternel pour que ses desseins nous incluent ! Lorsque nous disons « moi et ma maison nous servirons l’Eternel » (Josué 24,15), nous entrons dans ce thème de l’obéissance et de l’appel de Dieu, et cela impacte sans aucun doute toute notre famille, que Dieu bénit, quel que soit le lieu où elle se trouve.

Alors choisissons ces plans de Dieu pour nous, ses projets pour nos vies. C’est tout à notre avantage d’y entrer, dans ce scénario en quelque sorte que Dieu a prévu pour nous. Cela ne signifie pas que nous sommes des robots, bien au contraire. C’est un désir volontaire qui nous pousse à prier ainsi :

« Seigneur, fais-moi entrer dans tout ce que tu as prévu pour moi et ma famille, ce que tu as écrit pour ma vie dans ton livre, et garde-moi de m’en écarter. »

Ça c’est le désir de mon cœur et c’est ça aussi la vie chrétienne : c’est l’aventure avec et pour Dieu ! Il s’agit de s’aligner sur le chapitre du livre que l’Eternel a déjà écrit pour nous. Nous sommes prédestinés. Et c’est sur ce chemin que nous grandirons le mieux, jusqu’à être semblable à l’image du fils de Dieu (Romains 8,29), dans son obéissance, dans sa sanctification. Ça fait partie de notre appel.

Enfin comme dit Paul aux Philippiens :

« Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. […] Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (Philippiens 4,12-13 et 19)

Voilà la provision de Dieu dans son appel : selon sa richesse ! C’est rassurant. Alors quelles que soient les circonstances, comme l’a proclamé le peuple d’Israël : « nous ferons et nous obéirons ».

 

Le metron, mesure d’autorité

Dans le Livre de Dieu se trouve donc notre nom, et avec cela, un territoire qu’il nous donne, et qui évolue selon les saisons de nos vies. Ce territoire n’est pas une zone de confort, mais une zone sur laquelle il nous appelle à exercer son autorité. On parle pour cela du metron, la dose ou mesure de foi, d’autorité. L’apôtre nous dit ceci dans son épître aux Romains : 

« Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure (metron) de foi que Dieu a départie (= assigné) à chacun. Car, […] nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et […] tous les membres n’ont pas la même fonction. » (Romains 12,3-4)

Lisons encore dans 2 Corinthiens 10,13-15a :

« Pour nous, nous ne voulons pas nous glorifier outre mesure, mais seulement dans la limite du champ d’action (metron) que le Dieu [de mesure (metron)] nous a assigné en nous amenant jusqu’à vous. Nous ne dépassons point nos limites, comme si nous n’étions pas venus jusqu’à vous ; car c’est bien jusqu’à vous que nous sommes arrivés avec l’Evangile de Christ. Nous ne nous glorifions pas des travaux d’autrui qui sont hors de nos limites. » 

Notre appel est lié à une zone délimitée et nous voyons clairement que ce metron est très personnel, une autorité assignée directement par Dieu. La traduction française ne rend pas vraiment justice au grec ici, puisqu’elle occulte dans la majorité des versions l’expression « Dieu de mesure » qui est importante. Cela parle de précision, d’équité, de justesse de Dieu. Cette « mesure » évolue avec les expériences de la vie chrétienne. Plus nous aurons l’audace d’accomplir l’appel de Dieu, plus notre metron va grandir et en augmentant, en obéissant aux petites choses, le Seigneur va nous confier et nous donner d’accomplir des choses plus grandes et de gérer des territoires plus vastes (Matthieu 25,21). Encore une fois, c’est la marche de vie chrétienne. Aucun instructeur n’envoie quelqu’un soulever 100kg dès le premier essai. Le coach lui donne des objectifs progressifs : commencer par une barre simple à laquelle il ajoute des poids petit à petit. Au fer et à mesure que la musculature s’étoffe, les objectifs changent. Cela vaut aussi dans le domaine spirituel. Seulement, nous n’accomplissons pas les œuvres de Dieu par nos propres forces ou du fait de nos expériences seulement, car nous pouvons peu de choses à notre niveau humain. Mais le peu que l’on arrive à donner entraîne une réponse exponentielle de Dieu, c’est sa provision dans son appel, c’est sa puissance qui s’accomplit dans la faiblesse (2 Corinthiens 12,9).

Je le répète, quand Dieu envoie il pourvoit. Souvenons-nous que la mesure d’autorité que nous avons vient de lui. Engageons-nous donc avec assurance dans nos champs d’action, mais n’en sortons pas. Il ne faut pas se disperser en s’engageant dans des choses qu’on ne doit pas faire tout de suite. D’où l’importance de la prière, d’une relation personnelle avec Dieu pour connaître sa juste place et éviter les déchirures musculaires spirituelles ! Chaque individu a donc son propre appel, sa propre zone, et qui commence dans sa famille, dans son couple, auprès de ses enfants, avant tout autre ministère.

Le Seigneur assigne à chacun son metron et nous ne devons absolument pas vouloir ou envier le metron ou la réussite de nos voisins, nos frères et sœurs en Christ. Il ne doit pas y avoir de jalousie dans les choses de la foi. Car n’oublions pas que chacun a un appel personnel et complémentaire aux autres, mais aussi que chacun a payé le prix de son appel. Ce que je veux dire par là, c’est que pour obéir au Seigneur, il nous faut généralement déposer quelque chose à ses pieds, qui nous coûte, à commencer par notre volonté, une reconnaissance, des désirs, etc. Ce sont des heures passées à prier, étudier la parole, chercher la face de Dieu. Cela en vaut toujours la peine, mais ne nous laissons pas aller à envier les autres. Acceptons plutôt que nous sommes partenaires, membres d’un même corps mais aux fonctions différentes, et fixons nos regards sur le Seigneur qui nous conduits, chacun où il veut.

Maintenant, lorsque nous savons où aller et avons compris que le Seigneur s’occupe des détails, nous équipe et nous fortifie, alors les circonstances ne doivent plus avoir de pouvoir sur nous. Les oppositions doivent perdre leur force contre nous, et comme dit Paul :

« Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15,55)

A ce moment-là, avec ce recul sur les événements, nous serons capables comme le psalmiste « de contempler nos ennemis, tapis devant nous, lorsqu’ils s’élèvent contre nous, et nous pourrons entendre ceux qui font le mal sans en être saisis de crainte » (interprétation personnelle du Psaume 92,12). Nous ne serons plus soumis aux tribulations autour de nous, car nous connaitrons alors notre autorité, et notre espérance est vivante.

 

La corne et l’onction fraiche

Un dernier point. Nous sommes d’accord et nous l’avons dit, par nos propres forces, nous ne pouvons pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Nous avons l’appel de Dieu qui nous envoie, et je disais qu’il nous équipe et nous donne l’autorité sur l’ennemi et les circonstances. Le verset 11 du Psaume 92 nous assure de cela :

« Et tu me donnes la force du buffle ; je suis arrosé avec une huile fraîche. »

C’est la version Segond, qui ne rend malheureusement pas toute la profondeur de l’hébreu dans ce cas précis. La première partie est mieux rendue par « Tu élèves ma corne comme un oryx ». La corne est très souvent synonyme de la force, d’où la traduction habituelle. C’est d’ailleurs généralement la gloire de l’animal qui en porte, c’est ce qui le rend puissant. Et le terme hébreu « re’em » parle non pas d’un buffle, mais de l’oryx. C’était à l’époque un animal majestueux dans la région du Moyen-Orient, l’Oryx blanc. Il avait cette capacité de vivre dans des milieux arides et hostiles, et avait la particularité d’être très rapide et de se savoir se défendre et vaincre les animaux sauvages lorsqu’il leur fait face, justement grâce à ses cornes puissantes. Donc lorsqu’il est dit ici que Dieu élève notre corne comme un oryx, nous pouvons entendre qu’il nous assure de la force au combat et de la victoire, même si nous ne sommes pas donnés gagnants par notre entourage, voire par nous-mêmes qui manquons souvent d’objectivité et d’indulgence en ce qui nous concerne. Parce que le Seigneur s’est engagé et nous soutient, parce qu’il élève notre force, nous pouvons être rempli d’assurance.

Mais la corne est aussi symbolique d’autre chose, l’onction. C’est en effet avec une corne que se pratiquaient les onctions d’huile. Nous lisons par exemple en 1 Samuel 16,13 :

« Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit (David) au milieu de ses frères. L’Esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. »

L’onction d’huile est une consécration, ordonnée par Dieu, qui était faite sur les rois, les prêtres (sacrificateurs) et les prophètes. On la trouve également dans la loi de purification des lépreux. Dans les 4 cas, l’onction assure une position. Pour les 3 premiers, ce sont des fonctions particulières pour Dieu ; en ce qui concerne les lépreux, c’est le geste qui leur assure le retour dans le camp d’Israël duquel ils étaient exclus, le temps de leur maladie. Il y a donc toujours cette notion d’intégration ou réintégration à une place particulière. L’huile est un symbole du Saint-Esprit dans la Bible. Lorsque Samuel oint David pour le proclamer roi, il est précisé que l’Esprit de Dieu le saisit. Le verbe hébreu est « tsalakh » qui signifie « saisir, se précipiter », mais également « prospérer ». Et c’est exactement de cela dont il est question. Au moment de l’onction, David entre dans son appel de roi et l’Esprit de Dieu l’équipe pour le faire prospérer dans l’appel qu’il a pour sa vie. Que ce soit pour l’office du roi, du prêtre ou du prophète, mais aussi la position du lépreux purifié, lorsque cette huile est répandue sur nous, nous sommes alors prophétiquement revêtus d’une identité, d’autorité et équipés pour entrer dans un nouveau lieu, une nouvelle responsabilité. De la même manière, lorsque nous faisons l’onction d’huile aux malades dans nos églises, selon l’exhortation de Jacques 5, la personne qui le demande se replace ainsi sous le sang de Jésus, revendiquant l’action du Saint-Esprit dans sa vie en faveur de sa guérison promise et payée à la croix. C’est ce que dit le verset 11 de notre Psaume, que la corne est élevée par Dieu et « je suis arrosé avec une huile fraiche », « verte » selon les versions, mais en de toute manière abondante et prospère.

Alors comme David, le jeune berger choisi pour être roi d’Israël, recevons l’appel de Dieu pour nos vies et proclamons que :

« L'Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien. » Psaume 23,1

Recevez gratuitement notre livre numérique "10 clés qui vous aideront à adorer Dieu dans votre quotidien"

img-news
  • Comment mettre Dieu au cœur de sa vie, le Seigneur cherche des personnes qui l’adorent en esprit et en vérité.
  • Ce livre aborde des thèmes comme la prière, la louange, les relations, le pardon, la foi...
  • Cet ebook vous encouragera à aller plus loin avec Dieu.

Votre adresse email sera uniquement utilisée par Rev’Impact pour vous envoyer votre newsletter. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en utilisant le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. Pour en savoir plus et exercer vos droits, prenez connaissance de notre Charte de confidentialité.

mm

Auteur: La rédaction

La vision d'adoreDieu.com est d'impacter les médias via l'Evangile. Vous êtes témoin d'une actualité, informez-en la rédaction à redaction@adoredieu.com. N'hésitez pas à nous faire part de votre témoignage, de ce que Dieu a fait dans votre vie, en vous inscrivant sur le site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Passez sur autre article

mot exacte
chercher dans les titre
chercher dans les contenus
chercher dans l'article
chercher dans les pages
acf
lifestyle
pensee
citation
actualite
temoignage
enseignement
musique
parole
Filtrer par Categories
Actu Chrétienne
Actualité
Albums
Blogs
Citation du jour
Clips vidéo
Conversions
Dossiers
Églises
Enseignement du jour
Enseignements
Entreprenariat
Famille
Fondements de la foi
Gospel
Guérisons
Internautes
Jeunesse
La Famille
Louange africaine
Louange anglophone
Louange française
Louange hispanophone
Monde
Musique
Musique du jour
non catégorisé
Non classifié(e)
Partenaires
Pensée du jour
Relations
Santé
Servir Dieu
Société
Sorties D'albums
Témoignage du jour
Textes
Video
Video Enseignements
Vie chrétienne
Vie pratique

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières nouvelles.

BONUS !

Recevez gratuitement notre livre numérique "10 clés qui vous aideront à adorer Dieu dans votre quotidien"

Votre adresse email sera uniquement utilisée par Rev’Impact pour vous envoyer votre newsletter. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en utilisant le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. Pour en savoir plus et exercer vos droits, prenez connaissance de notre Charte de confidentialité.

Advertise

Visionnez la dernière vidéo
Le conquérant aux pieds ensanglantes Partie1 - Franck Alexandre
Instagram
  • Dieu, Lui, ne doutera jamais de votre potentiel, il sait de quoi vous êtes capable. @marcheparlafoi
  • Adorateur, qu'aimerais-tu dire à Dieu en ce moment ?
  • Dieu a déposé dans vos cœurs des rêves qu'il peut vous aider à accomplir. 

Je vous présente Johanna, une équipière et une amie.

Merci Seigneur pour son cœur, toujours disponible et serviable pour faire avancer l'œuvre de Dieu. Une vraie perle pour le ministère ! 

C'est vraiment une joie de travailler avec elle. Elle coordonne @amourenaction , elle a tellement à cœur d'aider les personnes qui sont dans le besoin. Son rêve est que chaque enfant ait l'opportunité d'être heureux et de connaître l'Amour de Dieu.

Dieu a aussi déposé des rêves en vous, il peut vous aider à les accomplir. 

Rappelez vous, vous n'êtes pas sur terre par hasard, Dieu a une destinée pour vous.

Christian Kinanga
  • Vous souhaitez évoluer dans votre appel et bâtir des fondations solides en tant que disciple de Christ pour servir Dieu avec de bons principes ?Cette formation est pour vous ! @mikael_doppia

Thème : Fiche technique d’un bon disciple 

1. Les principes qui nous transforment en sel de la terre & lumière du monde 
2. Les principes de l’accomplissement de la loi qui nous rendent semblables à Christ
3. Dépasser la justice des pharisiens pour affecter notre appartenance au royaume des cieux 

✍🏾Lundi 17 Août 2020 à 13h00 Antilles et 19h00 Paris.

⚠️ Uniquement sur réservation en allant sur ce lien 👉🏽https://www.weezevent.com/pms-session-1

💰 Participation libre !
  • Image Instagram

Recevez chaque matin la citation et la pensée du jour par mail

Tous les jours dans votre boite email


Votre adresse email sera uniquement utilisée par Rev’Impact pour vous envoyer votre newsletter contenant des services et des publicités adaptés à vos centres d’intérêt offres commerciales personnalisées. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en utilisant le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. Pour en savoir plus et exercer vos droits, prenez connaissance de notre Charte de confidentialité.

4a9d2fb38bc1ca081d2a20c5fe47956egggggggggggggggggggggggggggggg