Barnabas, un fils de consolation – Ph.L

par La rédaction le 1 Mai, 2017

    Au début du livre des Actes, nous trouvons un admirable tableau de l'assemblée à ses débuts. « Ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Act. 2 : 42). Il y avait des réunions pour l'édification, le culte et la prière, mais la vie de l'assemblée se prolongeait dans les maisons chrétiennes. « Toute âme avait de la crainte » (Act. 2 : 43).
 

Actes 4 : 32-37
            Au chapitre 4 des Actes, on trouve une nouvelle description magnifique de cette assemblée dans la fraîcheur de son premier amour. Ils étaient « un coeur et une âme » ; la manifestation pratique de leur unité rendait un magnifique témoignage au dehors : « nul ne disait d'aucune des choses qu'il possédait qu'elle était à lui ». L'homme naturellement égoïste cherche ses propres intérêts (Phil. 2 : 21). Mais ici les membres du corps de Christ prennent soin les uns des autres : « une grande grâce était sur eux » (Act. 4 : 32-33) !
 
             C'est dans une telle atmosphère que nous entendons parler pour la première fois de Barnabas, l'un des compagnons d'oeuvre de l'apôtre Paul. Plus tard, il l'accompagnera dans son premier et si difficile voyage missionnaire. Ce Cypriote était lévite : il s'appelait Joseph, qui signifie : « qu'il ajoute ». Après sa conversion, guidé par le Seigneur, il se rend à Jérusalem. Et là les apôtres, témoins reconnaissants de sa croissance spirituelle (1 Tim. 4 : 15), le surnomment Barnabas, c'est-à-dire « fils de consolation ». On verra, à plusieurs reprises au cours du récit, à quel point ce nom convenait à ce serviteur.
            La source de toute vraie consolation se trouve dans « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » ! C'est lui qui nous console « à l'égard de toute notre affliction, afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu » (2 Cor. 1 : 3-4). Etre passé par l'épreuve, soutenu par le Seigneur, qualifie un chrétien pour entrer en sympathie avec les affligés et diriger leurs regards en Haut ! 
            Barnabas avait une terre, il la vend et en apporte la valeur aux pieds des apôtres (Act. 4 : 37). Son coeur est rempli d'amour pour Christ et les siens. Il est prêt à se séparer de ce bien pour que l'on puisse donner à ceux qui sont dans le besoin. Peut-être aussi, en vendant cette terre, veut-il se rendre entièrement libre pour servir le Seigneur : argent et temps, il veut tout lui consacrer ! C'est ainsi qu'il sera un instrument béni dans l'oeuvre de Dieu ! Nous vivons dans une société matérialiste. Si nous avons des biens terrestres, enfants de Dieu, n'oublions pas que nous ne sommes que des administrateurs ! Ces biens ne nous appartiennent pas, le Seigneur nous les confie (Luc 16 : 1-13) ! Soyons « prompts à donner, libéraux » et travaillons, faisant de nos propres mains ce qui est bon, afin d'être en mesure de donner à celui qui est dans le besoin (1 Tim. 6 : 17-19 ; Eph. 4 : 28).
 

Actes 9 : 23-30
            La mention suivante de Barnabas se trouve au chapitre 9. Entre temps, l'assemblée à Jérusalem a traversé de grandes difficultés. Le témoignage d'Etienne devant le sanhédrin, concernant la glorification du Fils de l'homme à la droite de Dieu, a été rejeté, et ce témoin fidèle, plein de l'Esprit saint, les yeux attachés sur le ciel, a été lapidé (Act. 7 : 54-56). Une grande persécution s'ensuit contre l'assemblée à Jérusalem et tous les disciples, excepté les apôtres, sont dispersés en Judée et en Samarie (Act. 8 : 2).
            Les témoins qui ont lapidé Etienne avaient déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme qui « consentait à sa mort » (Act. 7 : 60). Et ce jeune homme, Saul, respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur, s'empresse de demander au souverain sacrificateur de lui donner des lettres pour les synagogues à Damas. Il voudrait, s'il y trouve « quelques-uns qui fussent de la voie » les amener, hommes et femmes liés comme des malfaiteurs à Jérusalem (Act. 9 : 1-3) ! Plus tard, il se décrit lui-même « comme un blasphémateur, un persécuteur et un outrageux ». En bref, selon sa propre affirmation, il était « le premier des pécheurs » (1 Tim. 1 : 13-15) ! Mais Dieu va arracher à Satan l'un de ses meilleurs instruments et l'enrôler à son service. En route pour Damas, Saul est soudain aveuglé par une lumière éblouissante et il entend une voix lui dire : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Le Seigneur s'identifie avec ses chers rachetés. Saul est alors conduit par la main jusqu'à la ville où il restera trois jours sans voir, ni manger ni boire. Un travail profond s'accomplit dans son âme et il s'adonne à la prière (Act. 9 : 11). Celui qui écoute la prière (Ps. 65 : 2) envoie un disciple auprès de ce nouveau converti. Avec amour, Ananias l'appelle : « Saul, frère » et de la part du Seigneur, il lui ouvre les yeux. Saul se lève, il est baptisé et rempli du Saint Esprit (Act. 9 : 17-18). 
            Bien des années vont être encore nécessaires pour le préparer à son ministère (Gal. 1 : 17). Dieu va  lui apprendre « combien il doit souffrir pour son nom » (Act. 9 : 17) ! Mais aussitôt, il prêche Jésus dans les synagogues, disant que « lui est le Fils de Dieu » (Act. 9 : 20). Les Juifs tiennent conseil pour le tuer. Alors les disciples à Damas, durant la nuit, le descendent par la muraille, en le dévalant dans une corbeille. Nous ne connaissons pas leur nom, mais tenir les cordes de cette corbeille était une responsabilité importante (Act. 9 : 23-25) ! Saul avait pensé entrer dans cette ville en conquérant, il en sort persécuté et fugitif, mais heureux dans le Seigneur !
            Arrivé à Jérusalem, Saul « cherche à se joindre aux disciples », mais quelle déception pour ce nouveau converti ! « Tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût disciple » (Act. 9 : 26). Ils se souviennent en effet de sa conduite avant sa conversion, et n'ont pas eu connaissance des événements survenus entre temps. Saul est profondément affligé, mais Barnabas se conduit envers lui comme le fait tout vrai pasteur. Plein de sollicitude fraternelle, il prend Saul pour le conduire vers les apôtres. Puis Barnabas leur raconte comment, sur le chemin, Saul a vu le Seigneur qui lui a parlé, et comment Saul a parlé ensuite ouvertement, à Damas, au nom de Jésus » (Act. 9 : 27-28). Ainsi, « par l'intermédiaire de Barnabas, cet homme de bien et plein de l'esprit saint et de foi, chez qui la grâce avait fait valoir la vérité quant au nouveau disciple, le redouté Saul trouve sa place parmi les frères à Jérusalem. Merveilleux triomphe de la grâce du Seigneur ! » (JND).
 

Actes 11 : 19-26
            Dieu a chargé Pierre d'ouvrir aux nations les portes du royaume des cieux (Act. 10). Le Seigneur prépare avec beaucoup de soin et de grâce la rencontre de son serviteur Pierre avec le centurion romain Corneille. Désormais quiconque croit en Jésus reçoit la rémission des péchés ! En la personne de Corneille, ceux qui étaient loin entendent à leur tour la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ.
            Or, on se souvient qu'après la lapidation d'Etienne, ceux qui avaient été dispersés par la persécution, avaient dû partir çà et là, annonçant la Parole. Ils passèrent jusqu'en Phénicie, puis à Chypre et même à Antioche. Là, encore imbus de préjugés juifs, la plupart d'entre eux annonçaient l'évangile aux Juifs seulement (Act. 11 : 19). Mais quelques-uns d'entre eux, des Cypriotes et des Cyrénéens, pressés par l'amour pour le Seigneur et pour les âmes, parlaient aussi aux Grecs. Et la main du Seigneur était sur eux en bénédiction, de sorte qu'un grand nombre, ayant cru, se tournèrent vers le Seigneur (Act. 11 : 19-21).                 
            Le bruit en vint aux oreilles de l'assemblée qui était à Jérusalem ; et ils envoyèrent Barnabas à Antioche. L'assemblée à Jérusalem était sans doute moins nombreuse que dans le passé, mais les coeurs étaient ouverts, disposés à chercher le bien spirituel d'autres frères, même au loin, dans une terre étrangère ! Ils n'avaient pas besoin d'entendre, comme les Corinthiens, l'exhortation de l'apôtre : « Elargissez-vous ! » (2 Cor. 6 : 13).
            Barnabas était lui aussi prêt à partir. Il jouissait de la confiance des frères et ceux-ci estimaient qu'il était l'instrument approprié pour ce service. De plus, originaire de Chypre, il retrouve à Antioche des compatriotes cypriotes juifs. N'étaient-ils pas ceux qui avaient annoncé, avec l'aide du Seigneur, l'évangile dans cette ville ? Les nouveaux convertis avaient besoin de soins particuliers, adaptés à leur âge spirituel, et il leur fallait recevoir un sain enseignement (Tite 2 : 1, 7) ! Barnabas était un homme de bien ; pensant avec bonté aux autres, il exerçait autour de lui une bonne influence. Il avait certainement reçu un don de grâce (1 Pier. 4 : 10) qui le qualifiait pour servir au milieu de ceux qui étaient encore des petits enfants en Christ.
            Ce serviteur était « plein de l'Esprit ». Non seulement le Saint Esprit habitait en lui, comme dans chaque croyant, mais chez cet homme pieux, qui craignait Dieu, il n'était pas entravé dans son activité par des mouvements charnels ou des pensées mondaines. Dans de telles conditions, le Saint Esprit manifestait pleinement son fruit exquis : « l'amour, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal. 5 : 22). La bonne odeur de Christ pouvait se répandre en tout lieu !
            Barnabas était aussi « plein de foi ». De tels enfants de Dieu ont la conviction des choses qui ne se voient pas et marchent avec assurance devant « Celui qui est invisible », en se confiant dans ses promesses et en lui obéissant. Les yeux de leur coeur sont éclairés par la contemplation de « la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l'architecte et le créateur » (Héb. 11 : 10).
 
            Arrivé à Antioche, Barnabas « ayant vu la grâce de Dieu, se réjouit ; et il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur coeur ; … et une grande foule fut ajoutée au Seigneur » (Act. 11 : 23-24). Chaque croyant est un membre du corps de Christ. Ce frère, rempli de ferveur, n'entraînait pas les hommes après lui, il les conduisait à Jésus Christ !
            Lorsqu'il voit l'oeuvre s'étendre et le besoin des croyants d'être enseignés dans la saine doctrine, il se souvient de cet instrument que le Seigneur avait préparé pour un service particulier. Il s'en va à Tarse chercher Saul (soigneusement, n'en doutons pas !). Il le trouve et le mène à Antioche (Act. 11 : 25). Conscient de ses propres limites, Barnabas savait s'effacer. Dieu s'était déjà beaucoup servi de lui à Antioche, mais il est assez humble pour réaliser qu'il n'a pas les capacités pour répondre seul aux besoins variés de cette assemblée, en pleine croissance spirituelle. Il a du discernement et il comprend que Saul « a reçu du Seigneur » (1 Cor. 11 : 23) ces dons qu'il n'a pas, pour établir fermement l'assemblée dans la vérité.
            La pensée que Saul pourrait l'éclipser n'effleure visiblement pas Barnabas. Ensemble, ils vont travailler un an tout entier à Antioche. « Ils se réunirent dans l'assemblée et enseignèrent une grande foule ». Aussi, entre autres conséquences bénies, le témoignage que rend cette assemblée est tel que c'est la première fois que les disciples sont appelés chrétiens (Act. 11 : 26 ; 26 : 28) ! 
 
            « En ces jours-là », un prophète, Agabus, annonce par l'Esprit qu'une grande famine va avoir lieu « dans toute la terre habitée » (Act. 11 : 27-28). Et spontanément, au lieu de penser à eux-mêmes, les disciples, chacun selon ses ressources, font une collecte pour aider les frères en Judée à traverser cette épreuve annoncée. Les croyants tirés des nations ont ainsi l'occasion saisie avec joie de manifester très tôt leur amour envers leurs frères d'origine juive. Tout cela suppose l'oubli de soi, l'absence d'égoïsme souvent si vivace dans nos coeurs ! Barnabas et Saul sont chargés d'apporter ce don à Jérusalem ; puis, leur service accompli, ils reviennent à Antioche, emmenant avec eux Jean surnommé Marc (Act. 11 : 30 ; 12 : 25).
 

Actes 13
            Jusqu'ici Jérusalem avait été le centre de l'oeuvre accomplie. Mais l'Eglise a un caractère céleste, elle est indépendante de tout le système juif, et de plus, Jérusalem va bientôt être détruite. C'est pourquoi, afin d'accomplir son oeuvre parmi les nations, le Seigneur appelle Paul depuis une ville gentile, Antioche. Il y avait là, dans l'assemblée, des prophètes et des docteurs d'origine très diverse : parmi les noms qui sont donnés, on relève Barnabas, le premier nommé, et Saul, le dernier. « Et comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés » (Act. 13 : 2).
            Ces deux serviteurs ne font pas valoir qu'ils sont utiles sur place. Sans tarder, soumis à l'appel du Saint Esprit, ils s'en vont, accompagnés par les prières de l'assemblée locale, pour un voyage missionnaire semé d'embûches et de souffrances, qui durera environ trois ans. Au début, Jean les sert, mais dès la Pamphylie il se retire et retourne à Jérusalem (Act. 13 : 5, 13). Sa foi n'était pas à la hauteur du service dans lequel il s'était engagé, ni en mesure de faire face aux difficultés qu'il entrevoyait.
            Barnabas et Saul vont d'abord évangéliser l'île de Chypre, dont le premier était originaire. Ils se rendent à Salamine, puis à Paphos, la capitale, fière de son temple dédié à Vénus. Là, ils rencontrent un personnage inquiétant, Elymas. Ce magicien juif profitait des besoins spirituels du proconsul romain pour exercer sur lui une influence néfaste. Ce suppôt de Satan résiste à Paul (qui signifie « petit »), appelé ainsi ici pour la première fois (Act. 13 : 9). Rempli de l'Esprit Saint, l'apôtre châtie ce faux prophète : « Tu seras aveugle…pour un temps » ; et aussitôt des ténèbres tombent sur lui (1 Jean 4 : 4). Alors le proconsul serge Paul « crut, étant saisi par la doctrine du Seigneur » (Act. 13 : 9-12).
            Barnabas et Paul s'en vont ensuite à Antioche de Pisidie et, selon leur coutume, entrent dans la synagogue le jour du sabbat. En lisant ces récits, nous remarquons que l'apôtre Paul passe peu à peu au premier plan. Dans le déroulement pratique de ce service en commun, ces deux serviteurs ont discerné la place qui leur était assignée, et par grâce chacun prend la sienne avec humilité. Même dans une oeuvre commune, chacun a sa responsabilité propre et ne peut marcher qu'avec sa foi personnelle. Ici donc, d'abord simples auditeurs, ils sont invités à délivrer, au moment propice, un message (Act. 13 : 15) ; Paul se lève et, tout en ayant Barnabas à ses côtés, c'est lui qui va rappeler à l'auditoire comment Dieu a accompli en Jésus les promesses faites à David (Ps. 132 : 11). Il montre que tout concordait pour désigner Jésus comme le Messie : le témoignage de Jean après celui de tous les prophètes, l'accomplissement des Ecritures dans sa mort, alors qu'aucun crime n'avait été trouvé en lui (Act. 13 : 28 ; Es. 53 : 9). Et finalement, par-dessus tout, Paul proclame sa résurrection triomphante, une vérité capitale du christianisme (1 Cor. 15 : 14).
            Alors qu'ils sortaient de la synagogue, plusieurs Juifs et des prosélytes qui servaient Dieu, suivent Paul et Barnabas. Alors ceux-ci leur parlent avec zèle, les exhortant à persévérer dans la grâce de Dieu (Act. 13 : 43). D'autres auditeurs avaient demandé que les paroles de l'apôtre leur soient adressées à nouveau le sabbat suivant. Et de fait, presque toute la ville s'assemble alors pour entendre la Parole de Dieu. Mais, devant ces foules, les Juifs sont remplis de jalousie : ils contredisent et blasphèment (Act. 13 : 45). Si nous rappelons cette scène pénible, c'est qu'elle va marquer un tournant capital dans le message que ces serviteurs délivrent conjointement de la part de Dieu !
            En effet, « Paul et Barnabas, s'enhardissant, dirent : C'était à vous premièrement qu'il fallait annoncer la Parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les nations ». Et à l'appui de leur message, ils citent l'Ecriture (Es. 49 : 6). Devant ces paroles solennelles, ceux des nations se réjouissent et glorifient la parole du Seigneur ; « et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent » (Act. 13 : 46-49).
            Aussitôt la persécution est suscitée par les Juifs contre Paul et Barnabas et ils sont chassés de leur territoire.
 
 
Actes 14
            Tout au long de leur périlleux voyage, le Seigneur préserve ses fidèles serviteurs, que ce soit à Iconium, ou encore à Lystre, où Paul, venant de guérir un infirme, est lapidé et laissé pour mort (Act. 14 : 9-10, 19). Pourtant, ils ne sont ni effrayés ni découragés, et poursuivent calmement leur ministère, repassant par les villes où ils avaient déjà annoncé l'évangile. Ils ont calculé la dépense (Luc 14 : 28) et s'appuient résolument sur le Seigneur. Ils ne se laisseront pas surmonter par les peines, les nécessités et les tribulations liées à leur service. Souffrir ainsi ensemble pour Christ ne peut en outre que les souder encore davantage ! Leur exemple vécu donne aussi beaucoup de force à leurs paroles pour fortifier les âmes des disciples ! Paul et Barnabas les exhortent à persévérer dans la foi, et les avertissent que c'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Act. 14 : 22) !
 
            Leur voyage s'achève, ils réunissent l'assemblée à Antioche, et là « ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi »  (Act. 14 : 27). Ils attribuent tout à Dieu (Luc 17 : 10).
 

Actes 15 : 1-35 ; Galates 2 
            Au début du chapitre 15 des Actes, une importante question se pose : Les croyants des nations doivent-ils être circoncis selon l'usage de Moïse ? Ce problème va être clarifié entre les assemblées d'Antioche et de Jérusalem. Quelques personnes, venues de Jérusalem,  veulent séduire les frères d'Antioche et affirment péremptoirement : « Si vous n'avez pas été circoncis selon l'usage de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés » (Actes 15 : 1) ! C'était dire que l'oeuvre de Jésus n'était pas suffisante et qu'il fallait nécessairement y ajouter des oeuvres ! L'apôtre Pierre, entouré de la considération générale, se trouvait alors en visite à Antioche. Devant les affirmations et les pressions exercées par ces Juifs orthodoxes, il prend une attitude équivoque. Lui qui auparavant mangeait avec ceux des nations, cesse de le faire, par crainte de ces visiteurs. Des visiteurs qui apportent pourtant des enseignements erronés ! Alors d'autres Juifs usent aussi de dissimulation et « Barnabas lui-même est entraîné » (Gal. 2 : 11-14) ! Mais Paul résiste en face à Pierre et le blâme publiquement, estimant que son comportement le condamne. Et Barnabas, un instant ébranlé, se redresse ;  avec Paul, il est appelé une fois encore à combattre pour établir la vérité. Il y a d'abord une grande dispute avec ces frères descendus de Judée, une telle dispute (elles sont rares) a l'approbation du Seigneur (Act. 15 : 2 ; Eph. 4 : 26) ! Ensuite, avec la confiance de leur assemblée, Paul et Barnabas sont envoyés, accompagnés de quelques frères, à Jérusalem vers les apôtres et les anciens. Ceux-ci se réunissent pour examiner cette grave question. Et le témoignage de « ces bien-aimés Barnabas et Paul…qui ont exposé leurs vies pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ » sera d'un grand poids (Act. 15 : 25-26). Barnabas, comme Paul, a compris que les Juifs aussi bien que les Grecs ont été mis à mort à la loi par le corps du Christ (Rom. 7 : 4) et qu'ils sont sauvés d'une seule et même manière : la grâce du Seigneur Jésus (Act. 15 : 11) ! Dès lors, il faut se garder d'asservir et d'inquiéter les nouveaux convertis par ce que l'épître aux Galates (4 : 9) appelle à juste titre de « faibles et misérables éléments ».
 

Actes 15 : 36-41
            Mais des ombres viennent soudain obscurcir les relations entre ces deux frères si liés ; le chemin de Barnabas, ce serviteur si béni par le Seigneur, va s'infléchir. Pourtant les efforts de l'Ennemi pour jeter du trouble et diviser venant d'échouer, il semblait que le travail pouvait reprendre à la gloire de Dieu ! La sollicitude pour toutes ces assemblées formées durant leur premier voyage engage Paul à proposer à son intime compagnon d'oeuvre, Barnabas, de retourner dans toutes les villes dans lesquelles ils avaient annoncé la Parole de Dieu, voir comment les frères se portaient spirituellement (2 Cor. 11 : 28). Toutefois remarquons qu'il n'est pas question de rechercher par la prière la volonté de Dieu. Peut-être ce manque possible de dépendance explique-t-il les difficultés de l'apôtre et de ses compagnons à trouver ensuite le vrai chemin du Seigneur (Act. 16 : 6-9) ? 
            Or Barnabas n'ira pas avec Paul. Est-il resté dans son coeur une racine d'amertume à l'égard de Paul, après le dissentiment à Antioche, où Barnabas avait d'abord vacillé, entraîné sans doute par le poids moral que représentait Pierre ? Cette racine bourgeonne-t-elle en haut, prête à en souiller plusieurs ? (Héb. 12 : 15). En tout cas, leur désaccord au sujet de Marc, le neveu de Barnabas, devient public. La Parole dit que l'apôtre Paul trouvait bon de ne pas prendre avec eux un homme qui les avait abandonnés dès la Pamphylie et n'avait donc pas encore fait ses preuves dans le service (Act. 15 : 39). Mais la présence de Marc auprès d'eux prend le pas dans l'esprit de Barnabas sur l'heureuse perspective d'un voyage avec Paul, pour poursuivre ensemble ce combat de l'Evangile, riche à tant d'égards de fruits pour l'éternité ! L'Ecriture précise : « Il y eut donc entre eux de l'irritation (Prov. 13 : 10), de sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre et que Barnabas, prenant Marc, fit voile pour Chypre. Mais Paul, ayant fait choix pour lui de Silas, partit, après avoir été recommandé à la grâce du Seigneur par les frères ». Il parcourt ensuite la Syrie et la Cilicie, fortifiant les assemblées (Act. 15 : 39-41).
 

Colossiens 4 : 10 ; 1 Corinthiens 9 : 6
            Plusieurs années plus tard, l'apôtre a révisé son avis au sujet de Marc. En effet, celui-ci était devenu un serviteur fidèle (Col. 4 : 10 ; 2 Tim. 2 : 21), Dieu ayant travaillé dans son coeur. Alors Paul, emprisonné pour la deuxième fois à Rome, rend clairement témoignage : « Il m'est utile pour le service ».Tout semble d'ailleurs indiquer que c'est Marc qui a reçu le service inestimable d'écrire l'évangile qui porte son nom. 
            Il faut bien constater que chez Barnabas -quel avertissement pour nous !- les liens naturels l'ont emporté, au moment d'un choix décisif, sur des considérations spirituelles importantes. Si un Barnabas, qui a oeuvré tant d'années parmi les croyants et au milieu des nations, avec une bénédiction particulière sur son service, n'a pas été pour un temps à la hauteur de sa foi et de son dévouement, combien avons-nous à veiller et à prier pour ne pas reculer au moment de suivre un chemin à la suite du Seigneur, même s'il est hérissé d'obstacles et suppose du renoncement de notre part !
            Dès lors, il n'est plus question de Barnabas dans les Actes, mais il est mentionné parfois encore dans les épîtres de Paul. Il semble que l'irritation entre ces deux frères a été, heureusement, de courte durée. Le passage de 1 Corinthiens 9 : 6 semble indiquer que par la suite, Barnabas était toujours un serviteur du Seigneur connu et estimé.
 
 
            Ne nous laissons pas longtemps arrêter par les ombres qui ont obscurci pour un temps le chemin de cet « homme de bien », sinon pour en tirer une leçon personnelle. Quand on parle de Barnabas, il est à craindre que notre esprit s'arrête d'abord sur le différent qu'il a eu avec l'apôtre Paul. Il est humiliant de constater avec quelle facilité nos pensées enregistrent les manquements de nos frères au lieu de s'appliquer à voir d'abord tout ce que Christ a produit à sa gloire dans leur vie. Prenons plutôt, si nécessaire, le temps de juger sérieusement nos propres défaillances !
            Que l'exemple de ce frère fidèle, entièrement dévoué au bien des saints et au salut des âmes perdues, soit plutôt avant tout pour nous un modèle.      
 
                                                                                                          Ph.L. le 4.4.06
 
 
 

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Auteur: La rédaction

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