Êtes-vous bien vus ? – Philipp Nunn

par La rédaction le 21 Mai, 2018

Pourquoi Jean-Baptiste est-il le plus grand ? Nous voudrions croire que nous sommes des hommes et des femmes de caractère, que nous ne sommes pas influencés par les opinions, les tendances et les styles. Nous voudrions nous classer comme des personnes de principes, indifférentes à ce que d’autres pensent de nous. Pourquoi alors coupons-nous et peignons-nous nos cheveux d’une certaine façon ? Pourquoi avons-nous de grands miroirs ? Bien entendu, nous voudrions que nos voisins nous considèrent comme une famille « normale ». Bien entendu, nous voudrions que nos collègues de travail pensent que nous avons « bon goût » dans notre façon de nous habiller. Bien entendu, nous sommes profondément concernés par ce que d’autres chrétiens pensent de nous, particulièrement ceux que nous fréquentons régulièrement ! Sommes-nous vraiment insensibles à des expressions telles que « c’est un frère spirituel », « une soeur pieuse », « un croyant chaleureux », « un pilier dans l’assemblée », « un exemple de vie disciplinée », « quelle épouse irréprochable », etc ? Mais le Seigneur lui-même, que pense-t-il de nous ? Ce que nous sommes aux yeux de Dieu, c’est ce que nous sommes. Rien plus.

Jusqu’ici, le plus grand homme

Qu’est-ce qui rend grand un homme ou une femme dans les Saintes Écritures ? Sommes-nous sûrs que nous combattons le bon combat ? Regardons-nous la vie avec les « yeux de Dieu » ? Tôt ou tard nous aurons tous à rendre compte au Seigneur de ce dont nous avons rempli notre vie. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Il y a quelques années, j’ai été frappé par la façon dont Jésus a évalué la vie de Jean-Baptiste : « En vérité, je vous dis : Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’en a été suscité aucun de plus grand que Jean le Baptiseur. » (Mat 11.11) Pourquoi une appréciation si élevée de Jean-Baptiste ? Plus grand qu’Abraham ? Plus grand que Moïse ? Plus grand que le roi David et le roi Salomon ? Plus grand que le prophète Ésaïe qui lui aussi a annoncé la venue du Seigneur ? Qu’est-ce que le Seigneur a vu en Jean-Baptiste pour faire preuve d’une telle estime à son égard ? Il est donc très intéressant d’étudier la vie de Jean le Baptiseur.

Une vie courte et peu commune

Que savons-nous de Jean-Baptiste ? C’était un parent de Jésus, de 6 mois son aîné (Luc 1.36), le fils unique d’un vieux couple, Elisabeth et Zacharie le sacrificateur, tous deux descendants d’Aaron, et qui sont décrits comme « justes aux yeux de Dieu » (Luc 1.5-7). Certains miracles ont entouré sa naissance, mais il n’en a jamais accompli lui-même (Jean 10.41). Il a été décapité dans la trentaine, alors qu’il était emprisonné (Mat 14.10). Qu’est-ce qui a rendu si spéciale cette très courte vie ?

Vous ne pouvez pas plaire à tout le monde !

Les Écritures n’essayent pas de cacher le fait que Jean-Baptiste était une personne un peu bizarre. Contrairement au statut de « sacrificateur » de son père, Jean avait un régime alimentaire excentrique et un style vestimentaire fruste (Mat 3.4). Comment ses parents (s’ils étaient encore vivants) et ses voisins considéraient-ils ce jeune homme anti-conformiste ? En raison des miracles bien connus entourant sa naissance, beaucoup d’entre ceux-ci s’étaient demandé : « Que sera donc cet enfant? » (Luc 1.66) Son style n’était pas orthodoxe. Son message n’était pas populaire au sein du clergé. En fait, il entraînait les personnes loin du temple et des sacrifices institués par Dieu. Le peuple, cependant, considérait Jean comme un prophète (Mat 14.5). Pour les autorités locales, le Baptiste demeurait une énigme. Le roi Hérode cherchait à protéger Jean parce qu’il était évident que ce dernier était « un homme juste et saint » (Marc 6.20). Mais, politiquement parlant, il n’était pas acceptable de laisser Jean dire ce qu’il pensait en public. Hérodias voyait en lui une menace à sa vie sensuelle « libre ». Elle le détestait et trouva le moyen de le faire décapiter (Mat 14.1-12). Évidemment, Jean ne se moulait confortablement dans aucune forme de religion organisée. Cependant, les paroles du Seigneur sont toujours valables : « Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’y a aucun prophète plus grand que Jean le Baptiseur ». Rechercher l’approbation du Seigneur peut parfois entrer en conflit avec l’approbation sociale. Rechercher l’approbation de nos frères croyants peut nous empêcher de discerner les conditions nécessaires pour recevoir l’approbation du Seigneur lui-même. Soyons au clair sur une chose. Une vie pieuse ne satisfera pas tout le monde. Cela n’a jamais été le cas. Si nous cherchons sincèrement l’approbation du Seigneur, nous devons être disposés à faire face à la critique. Et si nous y avons déjà été confrontés, veillons à ne pas l’utiliser comme prétexte (ou comme excuse) à un comportement asocial ou à une vaine attitude de confrontation. L’apôtre Paul exhorte : « S’il est possible, autant que cela dépend de vous, [vivez] en paix avec tous les hommes. » (Rom 12.18)

Alors, qu’est-ce que le Seigneur a vu en Jean ? Au moins quatre qualités certaines :

1. Jean obéissait à sa mission divine

À la différence de l’appel de Moïse, l’appel de Jean n’allait pas le mener à une position éminente. Sa mission divine était de préparer le chemin pour un autre qui suivrait. Jean était heureux de ce rôle secondaire et a organisé sa vie en vue de cette mission. Chacun de nous a été créé pour un but. Vous et moi, nous avons également une mission divine. Nous brillerons mieux en faisant ce que nous avons été appelés à faire. Mais l’obéissance de Jean n’était pas facile. Il est douloureux de ne pas combler les espérances de ceux que nous aimons. À la différence de Moïse, Jean n’a fait aucun signe miraculeux pour augmenter sa popularité ou accréditer son ministère. Le Seigneur apprécie le travail accompli avec enthousiasme et persévérance jusqu’à l’achèvement de la tâche. Jim Elliot a écrit : « Un homme n’est immortel que jusqu’à ce que Dieu en ait fini avec lui. » Si vous êtes sûrs que votre mission vous est donnée de Dieu, persévérez. Achevez-la. N’abandonnez pas !

2. Jean a voulu que Christ croisse

« Il vient après moi, disait Jean, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie des sandales. » (Marc 1.7) Un jour est venu où ces mots prononcés avec humilité ont été mis à l’épreuve. Certains des fidèles disciples de Jean l’ont quitté pour suivre le Seigneur (Jean 1.35,36). En voyant cela, quelques disciples de Jean se sont sentis mal à l’aise et dans l’insécurité. Ils ont essayé de protéger le ministère de Jean (Jean 3.23-28). Mais Jean lui-même était heureux de la part qui lui était réservée. Son ambition n’était pas de créer une institution religieuse. Son but n’était pas de remplacer le sacerdoce juif qui s’affaiblissait. Sa satisfaction ne provenait pas du nombre de ses adeptes ou de sa popularité. Il a comparé ses sentiments de bonheur avec ceux d’un jeune homme dont le meilleur ami est sur le point de se marier. « Cette joie donc, qui est la mienne, est accomplie. Il faut que lui croisse, et que moi je diminue. » (Jean 3.29,30) Le Seigneur occupe-t-il une place toujours plus centrale dans notre vie ? Sa présence est-elle toujours plus évidente dans notre ministère et notre service ? Sommes-nous heureux quand des amis s’éloignent afin de suivre le Seigneur de plus de près ? Tôt ou tard le jour viendra où nous devrons « laisser faire », « passer la main », « descendre de scène ». Ne pas le faire gênerait le travail du Seigneur. Faisons-le joyeusement !

3. Jean rejetait le péché de manière active

Quand des compatriotes viennent rendre visite à des missionnaires, il leur arrive de réagir fortement à la saleté, à la pauvreté ambiante et au bruit. Mais après quelques semaines ou quelques mois, cela leur devient normal. La saleté, la pauvreté et le bruit sont toujours présents, mais ils s’y sont adaptés. De la même manière, nous pouvons nous habituer au péché. La première fois que nous l’avons commis, nous nous sommes sentis coupables. Nous savions que c’était mal. Mais maintenant, nous n’y réfléchissons pas à deux fois. Initialement, lorsque nous découvrons une pratique moralement étrange ou non scripturaire dans notre assemblée, nous n’en dormons plus. Mais ensuite nous nous y habituons. En fait, à partir d’un certain point, nous la tolérons. Jean Baptiste était différent. Il était connu pour être un homme « juste et saint » (Marc 6.20). Il détestait ce qui était mal, injuste, pervers. Ce n’était pas un homme qui « dissimulait les choses ». Il a vécu en étant convaincu que le péché était péché, indépendamment de la pratique courante ou de la personne qui l’avait commis. Il s’est consacré à amener des personnes à la repentance, la vraie repentance qui se révèle par un changement de comportement. C’est cette dénonciation de la mauvaise conduite de personnes influentes qui lui a coûté la vie. Si nous recherchons l’approbation de chefs séculiers ou religieux, nous sommes enclins à être aveugles à l’égard de leur péché. Restons-nous passifs face au péché ? Réagissons-nous quand nous devenons conscients du péché dans notre vie, dans notre famille, ou dans notre assemblée ? Le Seigneur a hautement apprécié que Jean rejette radicalement le péché moral. Et le Seigneur n’a pas changé.

4. Jean a brûlé pour le Seigneur avec passion

La conversation peut être quelque peu calme et insipide, jusqu’à ce que l’on tombe sur un sujet d’intérêt commun. Avez-vous remarqué comment certaines personnes se réveillent sur des sujets comme le football ou le cricket, l’éducation ou les droits de l’homme, les plantes ou les recettes de cuisine, les ordinateurs ou le dernier gadget électronique ? Je trouve étonnant et triste que même parmi des chrétiens établis, la personne du Seigneur semble n’évoquer que peu de passion. Nous semblons faire des efforts pour trouver que dire pendant que nous venons ensemble l’adorer. L’atmosphère change radicalement quand on en vient à nos doctrines favorites et à nos différences religieuses. Sur cela, nous pouvons discourir pendant des heures. Nous pouvons même devenir émotifs ! L’apôtre Paul pouvait dire « pour moi, vivre c’est Christ. » (Phil 1.21) Christ était également la passion de la vie de Jean. « Jean était la lampe qui brûle et qui luit, » disait Jésus à quelques Juifs et « vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. » (Jean 5.35) Imaginez une de ces lampes romaines en train de brûler. La passion de Jean pour le Seigneur l’a consumé, et dans ce processus, il a dégagé lumière et chaleur. Une vie chrétienne vécue avec passion et remplie de l’Esprit est très attrayante. C’est contagieux. Est-ce que ceux qui vous connaissent vous qualifient de « passionné » pour décrire votre vie chrétienne ? Est-ce que nos conversations et notre style de vie enflamment d’autres personnes pour notre Seigneur ? Ces hommes privilégiés qui ont marché avec Jésus vers Emmaüs se sont exclamés : « Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin, et lorsqu’il nous ouvrait les Écritures ? » (Luc 24.32) Seule la communion avec le Seigneur devrait nous enflammer. Que le Seigneur lui-même soit la passion brûlante de notre vie.

Êtes-vous bien vus ?

Qui pense du bien de vous ? Nous, des mortels, nous tendons à accorder trop de valeur à ce qui est temporel. Nous apprécions les applaudissements et les bons voeux de nos compagnons, mortels comme nous. L’approbation des hommes ne peut pas avoir plus de valeur que les hommes eux-mêmes. Et que valons-nous ? Notre vie « n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant. » (Jac 4.14) « L’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au coeur. » (1 Sam 16.7) Nos collègues de travail peuvent nous considérer comme des employés exemplaires. Nos voisins peuvent nous classer parmi les citoyens responsables. Ceux avec qui nous adorons peuvent nous décrire comme « doctrinalement purs et très spirituels ». Mais comment Christ nous voit-il ? Ce que nous sommes aux yeux de Dieu, c’est ce que nous sommes. Rien de plus.

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Auteur: La rédaction

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