La conversion – Scott McCarty

par Scott McCarty le 27 Avr, 2017

Une courte définition de ce qu’est « la conversion biblique » va servir de base à cette étude sur la conversion à travers l’Ancien et le Nouveau Testament :

La conversion est la réponse sincère de l’individu à l’offre de la vie éternelle par Dieu le Père en Jésus-Christ (Jean 14.6). Elle est accomplie dans le cœur de l’individu repentant et croyant par l’Esprit (Rom 8.15) et démontrée par une repentance réelle et une foi profonde (Marc 1.15).

La conversion spirituelle est un changement de direction, de valeurs, de façon de vivre, parce que la vie est désormais sous la direction du Seigneur Jésus-Christ. Elle est accomplie par le Saint-Esprit. Comment se passe cette opération de l’Esprit de Dieu dans l’individu ? Une profession publique seule ne suffit pas. D’abord, l’Esprit convainc la personne de son propre péché, de justice et de jugement (Jean 16.7-9) puis, sur la base de la foi en Jésus-Christ, il régénère l’individu en lui accordant la nouvelle naissance (Jean 3.6-7). À cet instant, l’individu devient un enfant de Dieu (Jean 1.12) .

Au moment de cette nouvelle naissance, l’individu est passé de la mort à la vie (Jean 5.24), il peut alors être appelé un « converti » ou un « sauvé» (Luc 8.12).

Ainsi, la conversion personnelle est le moyen de notre justification par Dieu (Rom 5.1-2) . La justification trouve uniquement sa source dans la grâce libre et inconditionnelle de Dieu (Rom 1.16-17). La conversion est un évènement dont l’impact est éternel et dont la portée terrestre se démontre par l’activité de l’Esprit dans le croyant (Gal 5.22-23,25). Par son obéissance aux consignes de vie et de conduite contenus dans le N.T., le croyant développe une profonde spiritualité qui l’influence dans les domaines moral, social et personnel. Glorifier Dieu par sa vie, voilà le premier but terrestre du sauvé ! Le deuxième but du converti est le témoignage (Act 1.8), puis de faire des disciples à Christ (Mat 28.18-20).

Mais comment pourrions-nous encore vivre consciemment et volontairement dans le péché (Rom 6.1-2) ? La conversion, accomplie en Jésus-Christ par l’Esprit, est la preuve extérieure de la justification et aussi la preuve du désir de progresser dans la sanctification biblique, telle qu’elle est expliquée dans les Épîtres du N.T.

1. La conversion dans l’Ancien Testament

Dans l’A.T., la « repentance » (première étape de la conversion) est mentionnée à de nombreuses reprises. Ainsi, la conversion décrite dans l’A.T. est de se détourner du mal pour aller vers le bien. Une repentance doit être vraie, authentique et honnête. Jouer à cache-cache avec le Dieu omniscient lors d’une repentance factice, privée ou publique, serait une farce, car elle minimise la gravité du péché.

Voici quelques références de repentance dans l’A.T. :

•  exemples positifs de repentance : le peuple d’Israël battu devant ses ennemis (2 Chr 6.24-2536-38), dispersé (Néh 1.9), les habitants de Ninive (Jon 5.3-9),

exemples de refus de repentance : le peuple d’Israël en différentes occasions (Néh 9.35 ; És 9.12 ; Jér 3.10 ; 11.10 ; Amos 4.6-11).

 2. La conversion dans le Nouveau Testament

Dans le N.T., il est intéressant d’étudier les trois étapes de l’emploi du concept de la conversion dans les Évangiles, les Actes et les Épîtres :

a.  La conversion dans les Évangiles selon Jésus-Christ

1.  La prophétie de Luc 1.16 au sujet de l’œuvre de Jean le Baptiseur nous enseigne l’importance de l’activité de l’Esprit qui réussira à amener beaucoup à la conversion (Luc 3.1-17).

2.  Les textes de Matthieu 13.14-15 (en citant És 6.9-10) et de Marc 4.12 soulignent la difficulté de certains individus de se repentir et de croire en Jésus à cause d’un endurcissement volontaire et du refus catégorique de se soumettre à Christ. Le double acte de la conversion (repentance et foi) est une affaire très sérieuse, parce qu’éternelle.

3.  L’apôtre Jean dans Jean 12.37-43 relève trois points en liaison avec le fait de croire ou non :

•  Certains, ayant vu des miracles de Jésus, ont décidé de ne pas croire, de ne pas se convertir.

Les prophéties d’Ésaïe 53.1 et d’Ésaïe 6.10 furent accomplies à ce moment-là. Jésus donc n’a pas été surpris par leur rejet.

Certains chefs religieux « ont cru en lui » mais ont refusé de reconnaître leur « foi » en Jésus, « aimant la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu ». L’important est de confesser Dieu de sa bouche et la norme est de déclarer ouvertement son attachement à Jésus comme seul Sauveur (Rom 10.10).

4.  Les trois aspects de la conviction par l’Esprit (le péché, la justice et le jugement) précèdent normalement la conversion (Jean 16.8-11). En effet, l’Esprit touche directement la conscience de l’individu par la parole de Dieu (Act 2.37-41). Comment l’Esprit parvient à convaincre notre conscience de notre besoin de changement est un mystère, mais un mystère glorieux !

b.  La conversion dans les Actes

1.  Deux passages (Act 2.38-40 ; 3.19-20) indiquent que la repentance et la foi font partie intégrante d’une conversion authentique.

2.  Un magnifique récit de conversion est raconté dans Actes 9.35. Les ingrédients sont : Jésus-Christ est annoncé, le Saint-Esprit agit, puis la conversion (repentance et foi) se produit. Le monde païen moderne si sophistiqué ne change en rien la nécessité de ces ingrédients au xxie siècle.

3.  Une de mes références préférées est Actes 11.19-21. Des sauvés « ordinaires » utilisaient toutes les occasions dans leur quotidien pour partager l’Évangile avec des perdus. « La main du Seigneur était avec eux » et beaucoup de conversions authentiques ont été produites ! Les premiers sauvés présentaient Jésus simplement aux gens autour d’eux, là où ils vivaient et travaillaient. Suivons-nous l’exemple apostolique pour voir des conversions accomplies par l’Esprit ? Force est de constater que les chrétiens d’aujourd’hui semblent être partagés en deux catégories par rapport au témoignage : – ceux qui restent entre eux, contents d’être sauvés ; ils pensent que Dieu va convertir ceux qu’il veut ; ils restent donc passifs, pensant qu’ils n’ont rien à faire ; – ceux qui inventent toutes sortes de programmes et qui s’appuient sur des professionnels de toutes sortes ; en relisant les Actes, nous pouvons redécouvrir la méthode qui permettait à l’Esprit de travailler si puissamment pour la gloire du Seigneur et Sauveur, évitant ainsi qu’un homme ou qu’une assemblée s’approprie la gloire réservée au Seigneur.

4.  Deux composantes de la conversion indiquées dans notre développement sur l’A.T. sont présentes dans Actes 14.15 : se détourner du mal pour se tourner vers le bien et vers Dieu.

5.  La référence classique, qui résume aussi succinctement que possible les deux étapes de la conversion (repentance et foi), se trouve dans Actes 20.21. Force est de constater que, trop souvent, lorsque nous témoignons, nous avons la tendance de parler en premier lieu de l’amour de Dieu (fait très important, mais pour plus tard) à un perdu au lieu d’avoir la droiture de commencer en parlant du péché, suivi par la repentance — comme Jésus (Marc 1.15) et comme Paul (1 Tim 1.8-11).

 6. La conversion peut être soudaine : pour un groupe (Act 2.37-41), un individu comme Saul de Tarse (Act 9.1-6), une famille (Act 16.25-34). Elle peut aussi être un processus, une approche par étapes : comme pour Apollos (Act 18.24-28), l’eunuque (Act 8.26-40), Corneille, haut responsable militaire romain (Act 10), Lydie (Act 16.14-15). Le temps et le contexte (soudaineté ou processus) ne sont pas importants ; c’est le résultat (1 Cor 15.1-210) qui officialise la conversion par la grâce de Dieu devant le monde.

c.  La conversion dans les Épîtres

1.  Paul précise dans 1 Thessaloniens 1.9 que le sauvé confirme sa nouvelle naissance par l’abandon de son idolâtrie, qui est satanique, pour servir le seul vrai Dieu vivant. Il s’agit ainsi d’une conversion biblique réelle, authentique et pleine de résultats positifs.

2.  Le passage de 2 Corinthiens 3.15-18 est important pour plusieurs raisons :

•  la lecture de la Parole de Dieu pourrait être infructueuse dans certains cas lorsque les deux composantes de la conversion manquent (v. 14),

la soumission au Christ est la clef principale pour pouvoir passer à la conversion (v. 14-16),

c’est le Saint-Esprit qui œuvre intensément pour accomplir la vraie conversion (v. 17),

le but ultime pendant notre pèlerinage ici-bas est de contempler le Seigneur Jésus glorieux qui doit transformer notre caractère pour qu’il se rapproche davantage du sien ; transformer notre conception de ce qui est primordial pour notre travail, notre famille, nos loisirs et nos buts dans la vie (v. 18). Cette contemplation est ancrée dans l’immuabilité de Dieu, car il est toujours le même, partout dans la Bible. Elle est aussi liée à l’adoration — la prière simple, humble, honnête, personnelle ou en communauté.

 3. Le texte de Jacques 5.19-20, quoiqu’adressé aux convertis rétrogrades dont la vie dynamique de disciple est momentanément mise de côté, contient les principes de la conversion applicable aux perdus : acceptation de la vérité qui ramène l’individu à « la voie » de la vie qui est l’opposée de la mort.

4. L’apôtre dans 1 Pierre 2.25, considéré dans son contexte, parle de la conversion du perdu. L’individu, pécheur, doit se voir comme une brebis qui se perd dans les voies du monde rebelle à Dieu (Rom 3.23 ; 6.23). Cette brebis perdue, par la grâce de Dieu, par la conversion (repentance et foi), s’attache au Berger Jésus qui sait garder son âme pour l’éternité (Jean 10.28-30).

Synthèse

La vraie conversion concerne :

•  l’acceptation de la vérité (Jean 14.6),

l’éloignement du mal (Act 8.32),

la foi biblique en Jésus-Christ comme seul Sauveur (Act 4.12).

 Citons quelques résultats (il en existe au moins 33 dans le N.T. !) d’une conversion réelle :

•  le pardon des péchés (Act 2.28) ,

l’assurance de posséder la vie éternelle (Jean 10.28-30) ,

le don instantané et permanent de l’Esprit (Act 2.38) ,

l’assimilation spirituelle dans la famille de Dieu (Jean 1.12-13).

 Dieu s’active pour inciter le pécheur à la repentance (Act 5.31). Lorsque nous sommes des pécheurs perdus (Luc 19.10) et totalement liés par notre rébellion (1 Sam 15.23), nous n’avons pas assez de connaissance de notre culpabilité (Rom 3.23) pour nous tourner vers Dieu par nos propres forces. Le Saint-Esprit entre en jeu (Jean 16.7-11) pour nous mettre en face de notre état de pécheur. Ainsi, la culpabilité, avec son poids terrible, nous pousse à la repentance ! C’est aussi mon expérience personnelle : sans cette conviction de culpabilité, divinement envoyée par l’Esprit, je ne serais jamais venu au pied de la Croix pour être purifié par le sang du Christ (Act 15.7-911).

Ainsi, la conversion biblique se caractérise par l’action du Saint-Esprit sur l’individu repentant pour l’aider à répondre positivement par la foi à Jésus-Christ comme seul Sauveur. Pour que le salut divin puisse devenir personnel, l’Esprit doit effectuer sa part en convainquant de péché, de justice et de jugement (Jean 16.7-9) puis il régénère l’individu en accordant la nouvelle naissance (Jean 3.6-7).

La suite de la conversion biblique est indiquée et confirmée par des implications de la vie du Christ sur l’entier du quotidien du croyant. La lecture quotidienne, attentive et joyeuse, de la Parole de Dieu permet au croyant d’entretenir sa relation avec Dieu le Père et Jésus-Christ son Fils, par le Saint-Esprit.

La conversion biblique (à ne pas confondre avec une « conversion » religieuse) est le premier pas dans le pèlerinage de la sanctification biblique qui est un processus sérieux et quotidien accompli par le Saint-Esprit pour le reste de notre vie de converti.

Soyons toujours reconnaissants pour la conversion qui nous a été si gracieusement accordée par Dieu en Jésus-Christ par la puissance du Saint-Esprit.

Scott McCarty

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Auteur: Scott McCarty

Scott McCarty a fait ses études en théologie au Dallas Theological Seminary, aux États-Unis. Il exerce un ministère d’enseignement biblique en France depuis 1971. Cofondateur du Centre d’information à l’évangélisation et à la mission à Grenoble, il est membre de Promesses et auteur de nombreux articles.

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